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L’Argentine a peut-être compris comment réussir avec les OGM

12/07/2016

Cet article met en relief les travaux de Raquel Chan, biochimiste à l’Université nationale du Littoral en Argentine. Ces travaux ont servi de base au soja tolérant à la sécheresse qui a été récemment approuvé par le gouvernement argentin. Le gouvernement a également approuvé une pomme de terre résistante au virus PVY. L’Argentine est maintenant le sixième pays au monde à produire des cultures génétiquement modifiées créées au niveau local. « Au sujet desquelles », déclare cet article, « de larges pans de la communauté internationale diront probablement : Ouh la la ! Mais la voie empruntée par Chan du laboratoire au champ laisse entrevoir une nouvelle façon de comprendre les cultures transgéniques – non pas en tant qu’envahisseurs concentrés dans les mains de grandes sociétés qui causent d’énormes dégâts à l’environnement, mais comme un outil pour aider les agriculteurs à surmonter les stress du réchauffement planétaire ». Comme le dit Chan, « La manipulation génétique n’est pas nécessairement la création de Frankenstein ». S’il n’existe pas de preuve que les OGM nuisent à la santé humaine, il y a des preuves qu’ils peuvent échanger des gènes avec les cultures non-OGM, et le maïs et le soja modifiés pour être résistants au glyphosate permettent aux agriculteurs de couvrir leurs champs du produit chimique. Cependant, le soja de Chan n’encourage pas les agriculteurs à pulvériser davantage de produits chimiques. Au contraire, il les aide à s’adapter à un environnement en évolution. Luis Herrera-Estrella, un biochimiste et directeur du Laboratoire national de génomique pour la diversité du Mexique qui a mis au point une plante qui permettrait aux agriculteurs de réduire les quantités d’engrais phosphaté qu’ils doivent ajouter à leurs champs, aurait souhaité que le Mexique ait commencé à cultiver des plante GM aussitôt que l’Argentine l’a fait. L’opposition à ces cultures au Mexique a rendu prohibitifs les essais aux champs pour presque tous, sauf les grandes multinationales. « Les grandes multinationales peuvent faire ces études, mais les institutions publiques ou les entreprises nationales des pays en développement ne le peuvent pas », a-t-il déploré. Ce qui veut dire que nombre des applications GM susceptibles d’aider les agriculteurs pauvres sont dans l’incertitude. Pour s’attaquer à ce problème, Chan a fait équipe avec la société argentine Bioceres. « En tant que laboratoire public, nous avions la capacité d’obtenir un brevet, mais pas les ressources nécessaires pour porter ces cultures jusqu’au champ », a-t-elle expliqué. Bioceres a financé les essais et mené le soja à travers le processus d’approbation. Si le soja fonctionne, conclut l’article, « il pourra faire plus qu’aider les agriculteurs à nourrir les gens. Mis au point dans un laboratoire financé sur fonds publics et commercialisé par une société nationale, il pourrait être un modèle grâce auquel les gens auront dans leurs assiettes des cultures transgéniques éthiques ».

Auteur : Lizzie Wade

Source : Wired (28 octobre 2015)

En savoir plus : http://www.wired.com/2015/10/argentina-may-have-figured-out-how-to-get-gmos-right/