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Rencontre avec les principales organisations agricoles

Les agriculteurs sont les principaux bénéficiaires des biotechs vertes et les choix nouveaux qui s’imposent ne pourront se faire sans leur appui massif. C'est la raison pour laquelle, l'AFBV instaurera une liaison avec les partenaires sociaux agricoles et ira dialoguer avec les acteurs sur le terrain. Ces derniers sont d'ailleurs fortement invités à participer de manière active au développement de l'association.

Pour bien comprendre les enjeux des OGM pour l'agriculture française, nous vous invitons à lire L'agriculture française a besoin des biotechnologies végétales.


Témoignage d'agriculteur :

Interview de Jacques Beauville, agriculteur, ingénieur agricole

Vous conduisez seul une exploitation de près de 200 hectares avec une dominante maïs irrigué dans la vallée de la Garonne, près de Toulouse. Vous avez semé du maïs Bt en 2006 et 2007. Pourquoi ?
Tout simplement pour avoir une protection de mes maïs contre les pyrales et les sésamies plus efficace et plus simple à réaliser que les traitements insecticides qui nécessitent des engins spéciaux ou des traitements par hélicoptère onéreux pour intervenir dans des maïs en végétation.
En bref, c’est pour moi, la meilleure protection dans l’espace et dans le temps, contre les insectes foreurs
J’ajoute que pour ma santé je préfère une semence de maïs résistante aux insectes  que de faire des pulvérisations d’insecticides qu’on inhale forcément malgré les mesures de protection que je prends. Il en est de même pour mes voisins puisque mon exploitation se trouve en zone péri-urbaine.
Ce que j’ai remarqué aussi avec les maïs Bt, totalement protégés des attaques de chenilles, c’est une meilleure résistante à la verse, ce qui pour moi veut dire : une récolte plus facile, moins de pertes et la possibilité de laisser les maïs sécher sur pied plus longtemps. Il est d’ailleurs facile de repérer dans les champs les maïs Bt, verts et debout, alors que les maïs conventionnels, même protégés avec des insecticides sont plus jaunes avec beaucoup de tiges cassées.
Un autre avantage, ce sont les mycotoxines qui sont beaucoup moins fréquentes avec les maïs Bt. J’ai pu constater chez un éleveur qui fait partie du même CETA que moi, les effets sur la santé des porcs nourris avec des variétés de maïs sensibles à la pyrale.

On accuse souvent les OGM de nuire à la biodiversité et à l’environnement. Qu’est-ce qu’il en est pour vous du maïs Bt ?
D’abord il faut dire que le champ de l’agriculteur n’a jamais eu vocation à devenir une réserve de biodiversité puisque l’agriculteur a pour fonction principale de nourrir au mieux ses plantes, notamment en les protégeant contre l’ensemble des parasites (insectes, maladies) et les mauvaises herbes.
Dans ce cadre là, le maïs Bt va dans le bon sens puisqu’il élimine les insectes parasites comme la pyrale et la sésamie et qu’il épargne en même temps les autres insectes souvent très utiles comme les abeilles, les coccinelles ou les scarabés grands amateurs d’œufs de limaces. C’est très important pour moi qui implante mes cultures sans labour avec un travail superficiel. Je dois protéger l’ensemble des arthropodes (insectes compris) ; j’ai réussi à créer un écosystème favorable à la culture et à la vie dans les premiers centimètres du sol ; il faut donc que je le préserve à tout prix.
Je suis chasseur et j’ai vu de mes propres yeux dans mes maïs, les lièvres et les sangliers s’enfuir, pas toujours en bon état, après un traitement insecticide.
Deux autres remarques en faveur de la biodiversité :  
- avec le maïs Bt, contrairement à la protection chimique, les pyrales et sésamies restent présentes sur les mauvaises herbes et les bordures et jouent, d’une certaine façon, le rôle de zone refuge
- enfin le maïs Bt permet des économies de carburant et donc les émissions de CO2 en supprimant les traitements insecticides et en réduisant les frais de séchage, le maïs Bt pouvant sécher sur pied plus longtemps.
Le maïs Bt s’inscrit parfaitement dans l’agriculture de conservation et le développement durable et c’est un excellent outil de cette nouvelle agriculture que tout le monde souhaite « écologiquement intensive ».

Que pensez-vous de l’interdiction du maïs Bt en France alors qu’il est utilisé depuis 15 ans avec succès dans la plupart des grands pays agricoles ?
Pour moi c’est catastrophique. J’éprouve une grande frustration, une injustice parce que les décisions politiques regrettables qui ont été prises reposent sur des mensonges. En allant aux Etats-Unis et même tout à côté en Espagne, je vois le retard que prend régulièrement la France en terme d’innovation agricole.    
La distorsion de concurrence ne fait que s’agrandir et dessert à la fois, l’agriculture française, mais aussi l’économie dans son ensemble et l’avenir de notre pays.

5 octobre 2010


 

 

Vrai ou faux
Question:
Les gènes de résistance à des antibiotiques utilisés pour créer des PGM sont-ils dangereux ?
Réponse:

Lors de la réalisation des premières plantes transgéniques, des gènes de résistance à des antibiotiques ont été utilisés en laboratoire afin de pouvoir sélectionner les lignées transformées en appliquant un antibiotique. Chez les OGM récents, le gène codant pour l’enzyme permettant une résistance à un antibiotique donné n’est plus présent dans les plantes cultivées en champ. Les plantes cultivées en champ ne contiennent jamais d’antibiotique. Les gènes de résistance inactivent l’antibiotique (ils ne produisent pas d’antibiotique)

Les gènes de résistance à un antibiotique, peuvent-ils se propager ? L’EFSA a conclu qu’en conditions naturelles, il n’a pas été observé de transfert de l’un de ces gènes des plantes génétiquement modifiées vers des bactéries. Il est aujourd’hui établi que des gènes de résistance à des antibiotiques sont déjà présents dans tous les environnements, y compris notre flore intestinale (tube digestif). Là se trouve la vraie menace : utiliser pour des problèmes de santé des antibiotiques de manière inappropriée.

Pour en savoir plus :

  • Avis de l'EFSA
  • Gut harbors antibiotic resistance

 

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