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Biotechnologies végétales et pays du sud

Les biotechnologies végétales représentent un enjeu de taille pour les pays du sud souvent confrontés à de graves problèmes alimentaires et nutritionnels.  Même si les premiers OGM mis sur le marché dès 1995 n'ont pas été conçus pour eux, des variétés résistantes aux insectes ou tolérantes aux herbicides (glyphosate essentiellement) connaissent un très fort développement dans ces pays, que ce soit en Amérique du sud, en Asie ou en Afrique. En 2009, selon l'ISAAA, 90% des utilisateurs de semences OGM étaient des agriculteurs des pays du sud, gros ou petits. Le plus souvent ce sont des caractères génétiques obtenus par de grands groupes semenciers qui sont introduits dans les variétés locales, mais des variétés OGM entièrement produites en Chine sont déjà commercialisées.

Par ailleurs la recherche en biotechnologies végétales se développe fortement dans les grands pays agricoles émergents comme la Chine, le Brésil ou l'Inde. En 2009, la Chine est passée en tête des pays pour le nombre de publications scientifiques sur les OGM et pour la première fois, a autorisé la culture du riz OGM qui est l'aliment de base de 2,2 milliards d'habitants. De nombreuses organisations internationales de recherche (IRRI pour le riz, CIMMYT pour le blé et le maïs, ...), des fondations sans but lucratif (Danforth Plant Science Center pour le manioc, Golden Rice Project pour le riz enrichi en vitamine A, ...) ou des organisations privé/public (Wema en Afrique pour le maïs tolérant à la sécheresse, ...) ont engagé d'importants travaux pour développer des variétés de plantes adaptées aux besoins spécifiques des pays du sud.   

L'AFBV est convaincue que l'amélioration de plantes adaptées aux pays du sud grâce à l'apport des biotechnologies végétales peut contribuer à résoudre une situation alimentaire et sanitaire des populations souvent alarmante.   L'AFBV apportera régulièrement des informations sur l'utilisation des biotechnologies végétales dans les pays du sud et pourra être amenée à échanger et collaborer avec les pays demandeurs.


Témoignage de François Traoré, agriculteur burkinabé, ancien Président de l'Association des Producteurs de coton africains (APROCA) suite à sa participation à la Conférence d'Alexandrie sur la BioVision (avril 2010)       

J'étais invité en tant que Président de l'AProCA à une conférence tenue à la plus grande bibliothèque d'Alexandrie en Egypte sur la BioVision. A cette rencontre, on pouvait compter plusieurs prix Nobel, d'éminents professeurs et des représentants d'agriculture utilisateurs le la biotechnologie. Les débats de la conférence portaient sur la biotechnologie, les changements climatiques, la gestion de l'eau et l'avenir de l'agriculture dans le monde. La leçon que j'ai tirée de cette rencontre est que l'homme a une grande responsabilité dans le changement climatique. Egalement avec l'existence de la technologie moderne, il doit opter pour le choix d'une bonne technologie, la maîtriser et bien l'utiliser dans la résolution de ses problèmes vitaux. Dans le monde, il existe des pauvres qui vivent dans le milieu rural et en grande majorité en Afrique. Cela implique que l'Afrique doit utiliser la biotechnologie quand on sait qu'elle peut permettre à la plante de résister à la sécheresse. De plus, par rapport à la culture des plantes comme le coton, le maïs, la patate, le manioc, etc. cette technologie a fait ses preuves contre les parasites de ces plantes. Mais le débat de résistance à cette technologie et des inconvénients éventuels continue de se faire selon les milieux, alors qu'à Alexandrie il était question de réfléchir sur comment mieux la maîtriser et l'utiliser pour le bonheur de l'homme. Pour ma part, je devais intervenir pour donner l'expérience du Burkina-Faso avec le coton OGM et me prononcer sur l'avenir de l'agriculture en Afrique et dans le monde. Pour moi, l'agriculture est une science. Le fait que l'homme ait cherché et découvert les plantes, cherché comment les produire, les rendre plus productives pour se nourrir et pour s'entretenir est une science. Le Burkina-Faso n'est pas en reste à l'évolution de cette science. Son choix du coton Bt a été réfléchi et mûri pour arriver à la culture commerciale. Aujourd'hui, il est bien apprécié par les producteurs, même si tous les acteurs savent qu'ils apprennent toujours la meilleure utilisation de cette technologie. Cela peut être valable pour les autres cultures. En Afrique, l'agriculture occupe environ 80% de la population dans certains pays. Cependant, elle n'arrive toujours pas à la nourrir. Elle est l'un des rares continents qui continue d'importer à manger et s'habiller. L'Europe et les Etats-Unis ont tous évolué dans la science de l'agriculture à leur manière pour être aujourd'hui des puissances agricoles. L'Asie, le Brésil, pays émergents, le font également à leur manière selon le temps et la technologie du moment. La science de l'agriculture est une technologie qu'on ne peut pas tromper. C'est lorsque l'on a compris et bien maîtrisé la science du temps qu'on évolue. Or l'Afrique, pour le moment, ne maîtrise pas la science de son temps, c'est la raison pour laquelle elle n'arrive pas à se nourrir. C'est le moment d'opter pour pour un bon choix de la technologie avec les changements climatiques. Si elle choisit bien, elle pourra résister, mais si elle fait un mauvais chois, elle perdra ses terres au profit des autres continents avec la mondialisation faisant de la planète, un village planétaire. En tant qu'agriculteur qui a débuté par une agriculture de subsistance, aujourd'hui ma famille a atteint une agriculture moderne et se nourrit bien en utilisant des tracteurs dans nos champs. J'affirme aussi que la biotechnologie est une des technologies du moment à laquelle l'Afrique doit s'engager. Par ailleurs, j'ai assisté à deux ateliers organisés respectivement par le NEPAD qui a reçu mission de l'Union africaine et par l'UEMOA, le CILSS et la CEDAO. Dans les deux ateliers, j'ai senti la volonté des institutions africaines à opter pour la biotechnologie et la modernisation de l'agriculture. Mais pour ma part, je souhaite qu'elles entreprennent des actions concrètes de terrain, sinon chaque fois tout se fait dans les conférences, sur du papier et dans ce cas, cela ne se sent dans les champs et dans les revenus.                                                                                           

 Ouagadougou le 17 avril 2010                                                        
Traore B. François
Docteur Honoris Causa
Président de l’AProCA


 

 

Vrai ou faux
Question:
La consommation d’aliments issus de PGM peut-elle provoquer des allergies ?
Réponse:

Les OGM autorisés n’ont provoqué aucune manifestation allergique prouvée. Le risque allergique d’un OGM donné est évalué systématiquement avant sa mise en marché. Ainsi, deux OGM en cours d'expérimentation qui présentaient un risque allergène ont été immédiatement abandonnés. Il s'agissait:

  • d'un soja ayant reçu un gène codant pour une albumine trouvée dans la noix du Brésil, dont le caractère allergénique était connu prélablement ,
  • d'un pois ayant reçu un gène codant pour un inhibiteur d'une amylase trouvée dans le haricot et qui a provoqué des modifications immunogènes (sans être de nature allergénique) chez la souris.

Par ailleurs un maïs GM (Starlink®) autorisé pour la  consommation animale aux Etats-Unis, mais pas pour celle de l'homme s'est retrouvé accidentellement dans des produits destinés à l'alimentation humaine. Des cas d'allergies ont alors été rapportés par quelques consommateurs mais jamais les autorités sanitaires américaines n'ont  pu prouver que les symptômes allergiques signalés étaient liés au maïs incriminé (notamment suite à des tests en double aveugle sur les personnes ayant développé une allergie).
A l’inverse nombreux sont les travaux pour développer des variétés de plantes GM hypoallergéniques.

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