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Evaluation de la sécurité sanitaire des plantes génétiquement modifiées (PGM)Les variétés de plantes GM sont obtenues par l’insertion dans leur génome d’une ou de plusieurs séquences d’ADN pouvant provenir d’un autre génome d’organismes connus (ex : bactéries ou plantes). En général, cette séquence conduit à l’expression d’une protéine et ainsi confère une nouvelle propriété spécifique à la plante : tolérance à un herbicide, action insecticide ou virucide, tolérance à des conditions environnementales telles la sécheresse, la salinité du sol, etc. Les gènes introduits peuvent également être impliqués dans l’amélioration de la qualité du produit récolté (augmentation de la teneur en acides gras oméga-3, en provitamine A pour améliorer les propriétés nutritionnelles des aliments ou pour la production de fibres améliorant la qualité des tissus). Les OGM ont généralement, par rapport à leur contrepartie non-OGM, au moins une nouvelle protéine connue et identifiée. Les variétés d’OGM les plus cultivées dans le monde sont le soja, le maïs, le cotonnier et le colza. Les deux premières sont principalement consommées par les animaux domestiques sous la forme de tourteaux et de gluten. Des projets de développement concernent d’autres plantes telles que le blé, le riz, le sorgho, le manioc, la canne à sucre ou les cultures légumières. Après 15 années de cultures sur plus de 900 millions d’hectares dans le monde (soit plus de 30 fois la superficie des cultures en France), aucun problème sanitaire ou environnemental n’a été observé lors de leur culture ou de leur utilisation. Comme pour toute nouvelle technologie, de très nombreux débats ont porté sur les risques que les OGM feraient peser sur la santé et l'environnement. D’une manière générale, s’assurer de l’innocuité de nouvelles plantes consommées par l’homme et les animaux est essentiel. Pourtant, ce n’est qu’avec l’obtention de ce type de plantes (obtenues donc par transgenèse) que s’est développé une procédure d’évaluation contraignante et spécifique par rapport aux variétés obtenues par toutes les autres méthodes d’amélioration (qualifiées alors de conventionnelles). Cette évaluation suit la réglementation qui s’est mise en place au niveau européen. Elle se fait non seulement intrinsèquement mais aussi par comparaison avec leurs « homologues » non-transformées existantes, qui ont une composition et des qualités connues, mais qui contiennent aussi naturellement des toxines et des allergènes. La source du gène, sa connaissance, la méthode de transformation de la plante mais aussi le produit du gène (protéine), sont aussi très importantes pour identifier les effets attendus et inattendus sur la santé. Ainsi avant de mettre un OGM sur le marché, les industriels, les agences sanitaires1 et les autorités compétentes2 se préoccupent de sa sécurité sanitaire et environnementale. Les analyses effectuées peuvent être classés en trois catégories : 1) Lorsque les scientifiques rendent une plante résistante à un insecte donné, elle produit alors une toxine toxique sur l’insecte en question. Il est logique de s’assurer que cette protéine n’est toxique ni pour l’homme ni pour les animaux non cibles. 2) Autre précaution élémentaire : cette nouvelle protéine pourrait éventuellement avoir des propriétés allergéniques. S’assurer qu’elle n’a pas une aptitude spécifique à l’être est primordial. 3) Enfin, la transformation pourrait provoquer des effets inattendus qu’il faut évaluer. A ce niveau, de nombreux scénarios ont été imaginés comme par exemple, la modification du métabolisme de la plante. L’évaluation de la sécurité des OGM répond à ces questions : Point 1 : l’évaluation de la toxicité de la nouvelle protéine exprimée se base sur la connaissance détaillée de la protéine et de son activité au sein de la plante. Il est vérifié que cette nouvelle protéine ne présente pas d’identité avec les toxines actuellement connues dans des bases de données dédiées à ce type de molécule. La digestibilité en milieux gastrique et intestinal ainsi que le devenir de la protéine suite aux procédés alimentaires mis en oeuvre (ex : durant la fabrication de l’huile de colza, les protéines sont dénaturées et en grande partie éliminées) sont également analysés. La toxicité intrinsèque de la protéine est évaluée par un test de toxicité aiguë chez la souris. Point 2 : plusieurs analyses sont réalisées pour vérifier que la nouvelle protéine ne présente pas de propriétés allergéniques potentielles (propriétés de dégradabilité, comparaison de la structure primaire avec celles des allergènes déjà authentifiés et répertoriés dans des bases de données dédiées, notamment la présence d’épitopes* spécifiques). La source du gène est prise en compte lorsque celle ci est connue pour avoir des propriétés allergéniques. L’histoire de la consommation et les effets connus sur la santé de protéines similaires à celle qui sera exprimée contribue également à l’analyse de risque potentiel. Point 3 : plusieurs analyses sont également conduites pour détecter des effets inattendus qui pourraient être délétères pour la santé humaine et animale: - en plus des observations phénotypiques et agronomiques en champs, une analyse exhaustive de la composition biochimique permet de vérifier s’il y a équivalence en substance ou non. Cette analyse porte sur un grand nombre de composés nutritionnels (définis pour la plupart d’entre eux par l’OCDE3). Les valeurs obtenues sont comparées à la contrepartie non-GM et, pour chacun des composés mesurés, elles doivent se situer dans la gamme de fluctuation de l’espèce. Si des paramètres s’écartaient significativement des plages de variation connues, des études complémentaires seraient alors entreprises pour expliquer l’origine des différences.
* épitope : dans une molécule, la partie qui peut provoquer la formation d’anticorps (voir glossaire) Références :
La sécurité sanitaire des OGM confirméeUne publication scientifique française publiée le 24 février 2011 dans Plant Physiology (*) et résumée ci-dessous, confirme la sécurité sanitaire des OGM. Les nouvelles techniques d’analyses appelées transcriptomique, protéomique et métabolomique visent à visualiser, respectivement, l’expression de tous les gènes (transcrits), toutes les protéines et tous les petits composés chimiques (métabolites) présents dans un organisme ou une partie de l’organisme. Ces techniques « omiques » ont été récemment utilisées pour l’analyse des plantes génétiquement modifiées (PGM) (transgéniques) quant à leur sécurité sanitaire et leur équivalence nutritionnelle. Dans un article scientifique récent, nous avons passé en revue 44 publications décrivant des comparaisons « omiques » de PGM avec des lignées non-GM de référence. Toutes les trois approches « omiques » concluent de manière convergente : - la transgénèse a moins d’impact sur l’expression des gènes ou sur les niveaux de protéines ou de métabolites que la variabilité générée par l’amélioration conventionnelle des plantes (qui est généralement considérée comme sûre) dans les variétés déjà existantes. - les changements naturels de l’environnement (d’un champ à l’autre par exemple) ont généralement un impact plus prononcé que la transgénèse. - aucune des publications sur les évaluations de type « omique » ne conclut à des inquiétudes quant à la sécurité sanitaire des PGM mises sur le marché. Implications - Ces méthodologies à grande échelle confirment, en appoint et indépendamment, la sécurité sanitaire des aliments dérivés de PGM. - La connaissance scientifique générée indique que le poids réglementaire pesant sur les PGM devrait être réduit. - Leur intégration systématique dans les processus d’évaluation réglementaire avant mise sur le marché ne peut être recommandée en l’état, car ce sont aujourd’hui des outils de recherche fondamentale et non d’analyse de routine. (*) Evaluation of genetically engineered crops using transcriptomic, proteomic and metabolomic profiling techniques - Agnès E. Ricroch1, Jean B. Bergé2 and Marcel Kuntz3,4
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Vrai ou faux
Question: Les plantes OGM actuelles sont-elles stériles ?
Réponse: Aucune variété mise sur le marché n'est stérile, ce qui nécessiterait un mécanisme génétique approprié. Or les caractères introduits dans les OGM vendus aux agriculteurs concernent exclusivement la tolérance à un herbicide, la résistance à des insectes ou à des virus. La confusion provient d’un brevet détenu par la société Delta Pine Land et l’USDA décrivant des concepts pour produire des graines stériles. Ces concepts, dénommés « Terminator » par les journalistes, n’ont jamais été développés mais ils ont été largement décriés et utilisés comme arguments par les opposants aux OGM, à tel point que beaucoup de personnes sont convaincus que les OGM sont stériles.
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