Edito

Des plantes plus «vertes» pour transformer notre modèle agricole

30/07/2018

Suite aux Etats Généraux de l’alimentation, le gouvernement demande à la profession agricole de réduire de 50% ses utilisations de produits « phytopharmaceutiques ». Certes, il existe de nombreuses solutions agro-écologiques qu’il faut encourager (amélioration des bonnes pratiques agronomiques, lutte physique, lutte biologique, biocontrôle...) pour diminuer les usages de phytos. Mais pour faire un pas aussi important, il faudra mettre aussi à disposition des agriculteurs des nouvelles variétés de plantes plus «vertes», c’est à dire génétiquement résistantes aux maladies et aux prédateurs de toutes sortes (lire notre dossier page 3).

Miser sur le progrès génétique est encore plus pertinent aujourd’hui avec les opportunités offertes par la génétique de précision permise par les technologies d’édition du génome. Celles-ci sont plus précises et permettent de raccourcir les délais d’obtention de plantes permettant de lutter plus efficacement contre leurs ravageurs, virus, bactéries, champignons, nématodes, insectes, …

Avec l’édition de gènes, on peut véritablement parler d’une « nouvelle ère » pour les biotechnologies. Elles vont générer une vague d’innovations et donc créer de la valeur pour toutes les filières végétales. Sous réserve que la réglementation européenne de ces nouvelles technologies soit claire et ne soit pas prohibitive (l’AFBV a fait des propositions dans ce sens), les nouveaux outils d’édition du génome seront accessibles à des entreprises de toutes tailles, stimulant aussi la création de start-up.

Malheureusement, si le récent avis de la CJUE sur le statut de la mutagénèse était suivi par les instances décisionnelles de l’UE en la matière, cela annoncerait, en l’état actuel de la réglementation, l’interdiction de fait dans l’UE de ces nouvelles technologies comme déjà constaté pour les plantes génétiquement modifiées.

Alors que tous nos pays agricoles concurrents se saisissent de ces nouvelles techniques pour se donner un avantage compétitif et accélérer la transformation écologique de leurs agricultures, l’AFBV prédit  des années très noires pour l’avenir des agricultures européennes si ce renoncement était confirmé par l’U.E.

Gil Kressmann
Administrateur de l’AFBV