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Le génome de l’ananas permet de mieux comprendre la photosynthèse dans les plantes tolérantes à la sécheresse

12/07/2016

Des chercheurs de l’Université de l’Illinois ont procédé au séquençage du génome de l’ananas, ce qui pourrait permettre aux scientifiques de se diriger automatiquement sur les gènes et les voies génétiques qui permettent à la plante de se développer dans des milieux où les ressources en eau sont limitées. Plus de 85 pays produisent environ 25 millions de tonnes d’ananas chaque année, avec une valeur brute de production avoisinant les 9 milliards de dollars. « Notre analyse indique que le génome de l’ananas a une duplication de moins du génome entier que les herbes qui ont un ancêtre commun avec l’ananas, ce qui fait de cette plante le meilleur groupe de comparaison pour l’étude de génomes de cultures céréalières », a déclaré le professeur de phytobiologie Ray Ming, qui a dirigé l’initiative de séquençage. L’ananas utilise un type spécial de photosynthèse appelé métabolisme acide crassulacéen (crassulacean acid metabolism – CAM), pour convertir l’énergie solaire en énergie chimique. La plupart des autres plantes cultivées utilisent un type différent de photosynthèse appelé C3. « Les plantes CAM n’utilisent que 20 pour cent de l’eau utilisée par les plantes C3, et peuvent pousser sur des terres arides marginales qui sont inaptes pour la plupart des plantes cultivées », a indiqué Ming. Dans leur rapport publié dans la revue Nature Genetics, les chercheurs ont écrit : « La sécheresse est responsable de la majeure partie des pertes de récoltes mondiales ; il est donc vital de comprendre les mécanismes développés par les plantes pour survivre au stress hydrique, afin de concevoir des espèces végétales tolérantes à la sécheresse. Les plantes CAM peuvent garder leurs stomates fermés pendant le jour… réduisant ainsi considérablement les pertes d’eau ». Adapter les cultures vivrières pour qu’elles soient plus tolérantes à la sécheresse, a ajouté Ming, pourrait aider les humains à s’adapter aux changements climatiques. « Une plus grande efficacité d’utilisation de l’eau est une caractéristique très recherchée, compte tenu de la nécessité de doubler la production alimentaire d’ici 2050, dans le contexte des changements climatiques », a-t-il conclu.

Source : EurekAlert.org (2 novembre 2015)

En savoir plus : http://www.eurekalert.org/pub_releases/2015-11/uoia-pgo102915.php