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L’histoire du rosier décrypté à travers son génome

14/08/2018

Appréciés pour la beauté de sa fleur, pour ses valeurs cosmétiques et thérapeutiques, le rosier fait partie des plantes ornementales les plus cultivées au monde. Grâce à un consortium international piloté par l’Inra, l'ENS de Lyon, le CEA, le CNRS et l’UCBL, le génome du rosier vient d’être décrypté : une étape essentielle pour comprendre sa biologie, sa domestication et l'origine de sa diversité

Ce travail collaboratif a associé une stratégie de culture cellulaire qui a permis d’obtenir un rosier possédant un génome homozygote (une première chez le rosier), et une stratégie de séquençage haut-débit. Il a permis de déchiffrer l'information génétique portée par les sept paires de chromosomes de Rosa chinensis "Old blush" (rosier originaire de Chine, ancêtre des variétés modernes) et d’annoter la totalité de ses 36 377 gènes, constituant ainsi un génome de référence du genre Rosa.

Ce génome de référence de très grande qualité a permis d’identifier les principaux gènes engagés dans la floraison, le développement de la fleur, la reproduction, et de reconstruire les voies de biosynthèses du parfum et de pigments à l’origine de la couleur.

Une référence qui éclaire l'origine des rosiers modernes

En reséquençant le génome de variétés de rosiers originaires d'Europe, du Moyen-Orient et de Chine, qui ont contribué à la domestication du rosier ainsi que le génome d’un des premiers rosiers hybrides ("La France", obtenu dans la région lyonnaise en 1867), ce travail a identifié l’origine des gènes impliqués dans la définition des caractères les plus appréciés chez le rosier moderne, comme la floraison multiple, plutôt d’origine chinoise.

La comparaison du génome du rosier avec ceux d'autres plantes de la famille des Rosacées (fraisier, framboisier, pommier, poirier, pêcher, prunier...) a montré que le rosier, le fraisier et le framboisier sont évolutivement très proches et a permis de reconstituer l’histoire de la rose au sein de la famille des Rosacées.

Ces travaux publiés dans la revue Nature Genetics (30 avril 2018) constituent une base solide pour démêler les mécanismes moléculaires et génétiques qui régissent les caractères du rosier et leur diversité. À terme, ils contribueront à accélérer la sélection et l’amélioration de la qualité de la reine des fleurs. Ces connaissances seront également très utiles pour étudier d’autres espèces de la famille des Rosacées d’intérêt agronomique et d’autres plantes ornementales.

Source : (Raymond et al., 2018 Nature Genetics, Jun;50(6):772-777. DOI: 10.1038/s41588-018-0110-3)

Mohammed Bendahmane
Directeur de recherche INRA