Les biotechnologies dans le monde

Bilan mondial des plantes génétiquement modifiées (PGM)

Alors que les autorisations de nouveaux OGM sont bloquées en Europe et que la culture y est restreinte, la culture des plantes génétiquement modifiées continue à croitre dans le reste du monde.

2014 est la 19ème année d’utilisation et de hausse de cultures OGM : 181,5 millions d’hectares ont été récoltés cette année, soit une hausse de 6,3 millions par rapport à 2013. Le taux de croissance est de  3,5 %..18 millions d’agriculteurs les utilisent dans 28 pays et plus de la moitié d’entre eux sont dans les pays du Sud. 20 pays sont considérés comme des pays en développement et 8 comme des pays industrialisés. (…).

 

OGM dans le monde : Les pays émergents et en voie de développement dépassent les nations industrielles

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En 2014, la 19ème année de culture à grande échelle, les plantes OGM ont poussé sur plus de 181,5 millions d’ha (+6,3 millions d’ha ou +3% par rapport à l’année dernière). Ces chiffres sont issus de la statistique des cultures d’OGM publiée annuellement par l’organisation ISAAA (International Service forthe Acquisition of Agri-biotech Applications). La majorité des surfaces cultivées en OGM (52%) se trouve maintenant dans les pays émergents et en voie de développement. Lire la suite

Sur les 18 millions d’agriculteurs qui emploient des semences biotechnologiques, 90% sont des petits paysans à faibles ressources vivant dans des pays en voie de développement : 7,1 millions de petits fermiers en Chine et 7,7 millions en Inde ont choisi de cultiver 15 millions d’Hectares de  cotonniers transgéniques Bt. En 2014  415 000 ; agriculteurs des Philippines  cultivent du maïs génétiquement modifié grâce aux biotechnologies. Cela démontre clairement que les plantes génétiquement modifiées ont fait leurs preuves dans différents systèmes agricoles. L’idée répandue, selon laquelle les OGM seraient adaptés à la seule agriculture des pays industrialisés est erronée, comme le montre la pratique. Les plantes transgéniques sont utilisées pour le commerce dans 28 pays ..

Les Etats-Unis restent le plus grand producteur (73,1 millions d’ha), suivis par le Brésil, ( 36,6 millions d’ha), l’Argentine (24,3 millions d’ha), le Canada (11,6 millions d’ha) et l’Inde (11,6 millions d’ha). En Europe, le maïs Bt résistant aux insectes est cultivé en Espagne, au Portugal, en République Tchèque, en Slovaquie et en Roumanie. La surface totale consacrée au maïs Bt en Europe s’est  de 129 '071 ha en 2014. La majorité des cultures se trouvent en Espagne, où les variétés Bt poussent sur 30% des champs de maïs.

Dans un proche avenir, ces surfaces des cultures transgéniques devraient peu augmenter du fait que les parts de marchés détenues par ces plantes se situent à des niveaux très élevés dans les pays qui les autorisent ( Entre 75 et 90 %). Le potentiel de développement les plus prometteurs se situe  en Asie (Chine, Inde, Pakistan, Vietnam, Malaisie…) qui s’ouvre de plus en plus à ces innovations et en Afrique, en particulier pour le cotonnier Bt qui a fait les preuves de sa réussite au Burkina-Faso.

Le développement des plantes génétiquement modifiées passera aussi par la diversification des  applications dans de nouvelles cultures : riz, blé, manioc, pommes de terre, bananes

 


L’ISAAA estime à 15 milliards de $US la valeur du marché de semences biotechnologiques dans le monde en 2014. Aux 28 pays producteurs d’OGM s’ajoutent 31 pays qui autorisent l’importation de plantes transgéniques comme aliment pour humains ou animaux. 25 espèces de plantes génétiquement modifiées auxquelles on a ajouté 319 différentes propriétés génétiques (events) sont autorisées dans le monde.

Source : ISAAA

 


Les dix premiers pays producteurs de plantes génétiquement modifiées dans le monde en 2014

Les dix pays les plus impliqués dans le plantes génétiquement modifiées (PGM) ont produit 167, millions de tonnes :

- Etats-Unis : 69,5 millions d’Ha ( maïs, soja, coton, canola, betterave sucrière, luzerne...)
- Brésil : 36,6 millions d’Ha ( soja, maïs, coton)
- Argentine : 23,9 millions d’Ha ( soja, maïs, coton)
- Canada : 11,6 millions d’Ha ( canola, maïs, soja, betterave sucrière)
- Inde : 10,8 million d’Ha ( coton)
- Chine : 4 millions d’Ha ( coton, papaye, peuplier, tomate…)
- Paraguay : 3,6 millions d’Ha ( soja, maïs, coton)
- Afrique du Sud : 2,9 millions d’Ha ( maïs, soja, coton)
- Pakistan : 2,8 millions d’Ha ( coton)
- Uruguay : 1,4 millions d’Ha ( soja, maïs)

 

Autres pays producteurs :

  • Bolivie, Australie, Philippines, Myanmar, Burkina-Faso, Espagne, Mexique, Colombie, Chili, Honduras, Portugal, République tchèque, Pologne, Egypte, Slovaquie, Costa-Rica, Roumanie, Suède

Surfaces cumulées d'OGM  de 1996 à 2014

 1800 millions d’hectares  soit l’équivalent de 80 % de la surface de la Chine

 

Cultures biotech en 2014

Soja                73,3 millions d’hectares

Maïs                46,8 millions d’hectares

Cotonnier         21,0 millions d’hectares

Colza                7,0 millions d’hectares

Autres : betteraves, papaye, oeillets, courgette, peuplier, luzerne, tomate, poivron

Caractères introduits (ou « traits ») en 2014

Tolérance désherbant (glyphosate, glufosinate)                   89,3 millions d’hectares

Résistance insectes                                                        26,3 millions d’hectares

Caractères combinés (double ou triple traits)                      32,3 millions d’hectares


 

Situation des OGM dans l’Union Européenne


Deux OGM sont autorisés dans l'Union européenne: le maïs Bt (MON 810) autorisé en 1998 et la pomme de terre Amflora à usage industriel ( production d’amidon) autorisée en mars 2010.

Cinq pays cultivent des OGM (maïs) sur 143 000 ha, mais seule l'Espagne développe les cultures OGM sur des surfaces significatives (130 000 ha).

En 2006, avant d’entrer dans l’Union Européenne, le 1er janvier 2007, la Roumanie cultivait 130 000 hectares de soja GM tolérant au glyphosate. Aujourd’hui, suite à l’arrêt de cette culture elle doit en importer.

 

Situation des OGM en France

La France et l’Europe ont joué un rôle majeur dans la première période de développement des OGM :

1974               découverte par J.Schell et Marc Van Montagu (Université de Gand Belgique) du plasmide Ti d’Agrobacterium tumefasciens, vecteur naturel de production de cellules végétales transgéniques,

1983               premières plantes transgéniques obtenues en Europe (Université de Gand),

1990               avec le soutien des gouvernements de l’époque, Rhône-Poulenc Agro met au point les premières plantes transgéniques industrielles (tabac résistant à un herbicide),

1993 /1995      Rhône-Poulenc Agro dépose les brevets sur la tolérance du maïs au glyphosate, technologie qui sera licenciée à Monsanto en 1999, faute de marché potentiel en Europe,

1997               février : demande d’autorisation de cultiver le maïs Bt de Novartis refusée contre l’avis scientifique de la CGB (Commission du génie biomoléculaire) mais autorisation pour son importation et la consommation par le bétail,
  novembre  : culture maïs Bt de Novartis autorisée,
 
1998               août : culture maïs Bt de Monsanto (MON 810) autorisée,
  septembre : suspension provisoire maïs Bt Novartis,

1999               juin : moratoire sur maïs Bt adopté par l’Union européenne,

2005               500 hectares maïs Bt Mon 810 cultivés,

2006               5 000 hectares maïs Bt MON810 cultivés,

2007               20 000 hectares maïs Bt MON 810 cultivés,
  juillet/octobre : Grenelle environnement organisé par Ministre de l’Ecologie

2008               février : suspension par gouvernement français de la seule plante transgénique autorisée dans l’Union européenne contre l’avis des instances officielles d’évaluation française (AFSSA) et européenne (EFSA)

En 1994, la société Novartis présente la première demande d’autorisation d’une plante issue des biotechnologies et faisant appel à la transgénèse. Il s’agit du maïs Bt résistant à la pyrale contenant « l’évènement 176 » proposé sous la marque « Protecta » Après avoir défendu ce maïs à Bruxelles, le gouvernement Juppé, contre l’avis des instances d’évaluation scientifique compétentes, interdit sa culture le 12 février 1997 tout en autorisant son importation et sa consommation par le bétail, entraînant, dès le lendemain, la démission d’Axel Kahn, Président de la CGB (Commission du Génie Biomoléculaire).

Le 27 novembre 1997, ce même maïs est autorisé à la culture par le gouvernement Jospin et en août 1998, c’est le maïs Bt de Monsanto contenant « l’évènement MON 810 », proposé sous la marque « Maïsgard » qui est également autorisé pour la culture.

Dix mois plus tard, le 24 juin 1999, le même gouvernement invoque avec la Grèce, le Luxembourg, l’Italie et le Danemark, la clause de sauvegarde de la directive européenne 90/220 pour suspendre les autorisations de mise en culture tant que des dispositions concernant la traçabilité, l’étiquetage et la responsabilité environnementale ne seront pas mises en œuvre. Il en résulte un « moratoire de fait » qui, à nouveau, conduit à l’interdiction de la culture du maïs Bt.

Le cadre règlementaire étant précisé avec une directive européenne en 2001 et des règlements communautaires en 2003, la reprise des autorisations de mise en marché aura lieu en 2004 et les premières cultures significatives de maïs Bt (MON 810) auront lieu en 2006 (5000 hectares) et surtout en 2007 (20000 hectares).

Suite au Grenelle de l’environnement, à nouveau sans justification scientifique et contre l’avis des instances d’évaluation officielles françaises et européennes, le gouvernement Fillon interdira la culture du maïs Bt (MON 810) le 9 février 2008.

Depuis cette date aucune plante biotech n’est cultivée en France, mais on continue à importer massivement du soja GM.

 

Situation des champs d’essais

Quant à l’indispensable expérimentation en plein champ, elle est totalement arrêtée, les entreprises semencières ayant renoncé à les mettre en place suite aux saccages systématiques des champs d’essais.

 

En savoir plus : site des professionnels des semences et de la protection des cultures : Historique des OGM en France