Monsieur le Député,
Les apiculteurs sont confrontés depuis plusieurs années à une surmortalité des abeilles dont les causes sont multiples. Nous partageons leur légitime inquiétude et nous comprenons votre démarche de soutien à cette profession. En revanche nous sommes étonnés que vous ayez signé une Charte qui s’engage « à ne pas favoriser la mise en culture d’OGM ». Ce souhait laisse entendre que la culture d’OGM pourrait être une cause de mortalité des abeilles ! Nous récusons formellement cette suspicion et ceci pour plusieurs raisons :
Les apiculteurs sont confrontés depuis plusieurs années à une surmortalité des abeilles dont les causes sont multiples. Nous partageons leur légitime inquiétude et nous comprenons votre démarche de soutien à cette profession. En revanche nous sommes étonnés que vous ayez signé une Charte qui s’engage « à ne pas favoriser la mise en culture d’OGM ». Ce souhait laisse entendre que la culture d’OGM pourrait être une cause de mortalité des abeilles ! Nous récusons formellement cette suspicion et ceci pour plusieurs raisons :
1.S’agissant de l’unique OGM autorisé pour la culture dans l’Union européenne, un maïs résistant à deux insectes ravageurs, la pyrale et la sésamie, nous souhaitons vous apporter les précisions suivantes :
Ce maïs utilise la technologie Bt qui consiste à insérer dans la plante un gène d’une bactérie du sol (Bacillus thuringiensis) qui a la capacité de synthétiser une protéine insecticide connue depuis longtemps pour son spectre d’efficacité très spécifique et son innocuité pour l’homme. En particulier cette protéine insecticide naturelle est sans effet nocif sur la faune utile et notamment sur les insectes auxiliaires comme les abeilles, les coccinelles ou les chrysopes. Tous les nombreux travaux scientifiques convergent sur ce point, qu’il s’agisse des études de risques préliminaires aux essais en champ ou des récents rapports de l’AFSSA (nov 2008) et du rapport Saddier au Premier ministre (oct 2008) qui n’évoquent en aucun cas les OGM comme une cause potentielle de la mortalité des abeilles. Pour plus d’informations, nous vous invitons à consulter les résultats d’une analyse qui fait référence sur le site.
Ce maïs utilise la technologie Bt qui consiste à insérer dans la plante un gène d’une bactérie du sol (Bacillus thuringiensis) qui a la capacité de synthétiser une protéine insecticide connue depuis longtemps pour son spectre d’efficacité très spécifique et son innocuité pour l’homme. En particulier cette protéine insecticide naturelle est sans effet nocif sur la faune utile et notamment sur les insectes auxiliaires comme les abeilles, les coccinelles ou les chrysopes. Tous les nombreux travaux scientifiques convergent sur ce point, qu’il s’agisse des études de risques préliminaires aux essais en champ ou des récents rapports de l’AFSSA (nov 2008) et du rapport Saddier au Premier ministre (oct 2008) qui n’évoquent en aucun cas les OGM comme une cause potentielle de la mortalité des abeilles. Pour plus d’informations, nous vous invitons à consulter les résultats d’une analyse qui fait référence sur le site.
Nous regrettons que, contrairement à toute logique, cette alternative biologique de protection des plantes n’ait pas reçu un accueil positif des apiculteurs. Nous vous rappelons que ces protéines insecticides sont du même type que celles utilisées dans l’insecticide biologique Bt autorisé en Agriculture biologique.
2. Nous vous rappelons aussi, qu’à l’exception des très faibles surfaces de maïs Bt cultivées en France en 2006 et 2007, ces variétés ne sont pas cultivées dans notre pays et ne peuvent donc en aucun cas être responsables des mortalités d’abeilles, d’autant plus que le maïs n’est pas une plante mellifère. Ces problèmes de mortalité se rencontrent d’ailleurs dans de nombreux pays, utilisateurs ou non de semences OGM.
3. S’agissant des autres plantes OGM largement utilisées dans le monde et susceptibles d’être cultivées en France, aucun problème sur les abeilles n’a pu être mis en évidence, que ce soit du maïs résistant à la chrysomèle, redoutable insecte souterrain ou des cultures OGM tolérantes à des désherbants comme le glyphosate ou le glufosinate qui présentent un profil toxicologique et éco-toxicologique plus favorable que celui des herbicides sélectifs habituels.
4. Quant aux applications des biotechnologies végétales de demain (variétés de plantes OGM tolérantes à la sécheresse, moins gourmandes en engrais ou dotées de bénéfices nutritionnels), peut-on « ne pas favoriser leur mise en culture » sous prétexte de risques illusoires et infondés sur les abeilles ?
Nous regrettons que l’utilisation de la transgénèse dans l’amélioration génétique des plantes, issue des découvertes scientifiques récentes, soit une fois de plus diabolisée et injustement mise en cause, alors qu’elle est un facteur important de progrès agricole et constitue un point fort de notre recherche publique et privée.
Nous serions bien sûr ravis de pouvoir en débattre sereinement avec vous.
Dans cet espoir, veuillez croire, Monsieur le Député, à nos salutations distinguées.
Marc Fellous
Président de l’AFBV
Président de l’AFBV



