Le 26 août 2009, devant le centre de recherches du semencier Pioneer, une manifestation a eu lieu contre le développement commercial d’un tournesol tolérant un herbicide obtenu par mutagenèse chimique et présenté par les manifestants comme étant un « OGM caché ».
Peut-on parler d’OGM pour ce type de variété ?
Un OGM est un organisme obtenu par transgénèse. Or la transgénèse actuelle n’est pas l’équivalent de la mutagenèse, ni scientifiquement, ni règlementairement.
Il ne peut donc être question ni d’OGM, ni de « cachés » dans la mutagenèse.
D’une façon générale, au sens large, la transgénèse est l’addition d’un gène dans le génome d’une espèce. C’est un phénomène qui se produit spontanément dans la nature, mais, c’est la maîtrise de cette technique qui aboutit aux OGM au sens strict. De ce point de vue, la transgénèse est définie comme le transfert d’un gène dans le génome d’une espèce par des moyens artificiels.
Au sens large, la mutagénèse correspond à l’induction de nouveaux caractères par des modifications aléatoires au niveau du génome : translocations ou inversions de segments chromosomiques, micro-délétions, changements dans la séquence des bases (A, T, G et C) au niveau de la molécule d’ADN. Au sens restreint, elle est limitée à ces deux derniers types de modifications au niveau d’un locus. Ce type de mutagénèse est de même nature que les modifications à la base de la variation à l’intérieur des espèces et qui résultent aussi d’événements spontanés au niveau de la chaîne d’ADN.
Dans le cas des variétés tolérantes à un herbicide obtenues par mutagénèse, il peut s’agir de mutants spontanément apparus dans des populations de plantes traitées avec cet herbicide, ou de mutants sélectionnés par culture in-vitro de cellules en présence de l’herbicide suivie de régénération de plantes.
La transgénèse et la mutagénèse actuelles sont donc assez différentes et les variétés obtenues par mutagénèse aléatoire ne peuvent pas être considérées comme des OGM ou des « OGM cachés ». La transgénèse correspond à une séquence nouvelle d’ADN, insérée de façon plus ou moins aléatoire dans un génome, alors que la mutagénèse induite correspond, au sens restreint, à la modification de l’information au niveau d’un locus, et n’implique donc pas une insertion de séquence d’ADN au niveau du génome.



