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Marc Mennessier 
18 janvier 2012

Le seuil de 0,1% revient à interdire, de facto, la culture de plantes transgéniques en France.

Faire coexister des plantes non génétiquement modifiées avec des variétés qui l'ont été est «possible», selon le Haut Conseil des biotechnologies (HCB), qui publiait mardi son avis sur cette question polémique. Mais sous réserve de se plier à des règles qui peuvent s'avérer drastiques et empêcher, de facto, la culture de plantes génétiquement modifiées sur de larges portions du territoire. Dans son rapport, publié en début de mois sur le blog du biologiste Marcel Kuntz, le comité scientifique du HCB juge, en effet, «possible de respecter» le seuil européen de 0,9% d'OGM dans une production conventionnelle (au-delà le produit doit être étiqueté comme contenant des OGM), moyennant le respect d'un certain nombre de règles de coexistence qui «ne diffèrent pas ou peu des conditions actuelles de production».
Sauf qu'en 2008 la législation française a institué un seuil de 0,1% de présence fortuite de transgènes destiné aux filières revendiquant le «sans-OGM», comme le bio, qui complique singulièrement la donne. Pour le respecter, les experts scientifiques du HCB estiment qu'il faudra prendre des «mesures extrêmement contraignantes pour tous les opérateurs de la filière»: zonage des productions, distance de cohabitation entre cultures d'OGM et celles de non-OGM d'au moins 1 kilomètre pour les semences de maïs, dates de floraison décalées…
Pour l'Association française des biotechnologies végétales (AFBV), présidée par le Pr Marc Fellous, la «coexistence sera impraticable si ce seuil de 0,1% de présence fortuite devient la norme» en raison de son coût élevé (supporté par qui?) et des «nombreux conflits potentiels» qu'elle ne manquera pas de susciter. Cette norme «très politique» ne serait-elle pas un moyen pour le gouvernement d'interdire sans le dire la culture de plantes transgéniques en France «pour ne pas déplaire aux défenseurs de l'agriculture biologique», interroge l'AFBV?

Tollé chez les militants anti-OGM
Si c'est le cas, l'opération n'a pas franchement réussi… L'idée même de tolérer ne serait-ce que 0,1% de transgènes dans les semences (soit la limite de détection des appareils actuels…) a soulevé dès mardi un tollé chez les militants anti-OGM. «Une semence recontaminée chaque année à un taux de 0,1% dépassera très vite le seuil de 0,9%, déclenchant l'obligation d'étiquetage OGM et les agriculteurs devront abandonner leurs variétés locales “sans OGM”», ont dénoncé, entre autres griefs, une demi-douzaine d'organisations écologistes décidément insatiables.
Le généticien Louis-Marie Houdebine n'en revient toujours pas: «On est là à pinailler sur des taux de 0,1 ou de 0,9% d'OGM alors que ces produits sont inoffensifs à 100%!» De fait, il n'est pas question ici de poisons mais de plantes. Et, jusqu' à présent, les tests qu'elles ont subis en France, en Europe et ailleurs dans le monde, ont montré qu'elles étaient exemptes de risques pour l'homme, les animaux d'élevage et l'environnement.

 

 


 

 

Royaume-Uni : conservateurs et travaillistes renouvellent leur soutien aux cultures GM
 
Auteur: Juliette Jowit
Des dirigeants des deux principaux partis politiques du Royaume-Uni – les conservateurs et les travaillistes – ont déclaré mercredi que la technologie de la modification génétique (GM) peut aider à satisfaire la demande alimentaire mondiale de plus en plus grande. Prenant la parole à la Farming Conférence annuelle d’Oxford, le ministre de l’Agriculture Jim Paice du Parti conservateur a déclaré que les avantages promis des variétés GM – notamment la réduction des besoins d’engrais azoté, de pesticides et d’eau – ne pouvaient être ignorés. « La manipulation génétique n’est pas la solution pour tout, mais dans un avenir proche, nous aurons du blé fixateur d’azote – si ça ne va pas être une évolution majeure, je ne sais pas ce que c’est », a commenté Paice. Le Royaume-Uni voudrait que l’UE accepte de lever les restrictions aux essais en champ et à la vente de produits GM, pour qu’il puisse, ainsi que d’autres pays, « faire ses propres choses » et aussi « utiliser cette technologie le cas échéant », a indiqué Paice.
 
 Toutefois, a-t-il ajouté, « pour l’industrie et les consommateurs, une grosse difficulté consistera à savoir s’ils sont prêts à faire bon accueil [aux produits GM] pour les gains environnementaux majeurs qu’ils offrent, sans tenir compte des préoccupations que suscitent les manipulations génétiques chez les gens ». Les supermarchés devraient jouer un plus grand rôle de leadership, a soutenu Paice, puisque, « Quel que soit ce que dit le gouvernement à propos des produits GM, le public ne le croira jamais – mais paradoxalement, il croit fermement que tout ce qui est sur un rayon de supermarché est propre à la consommation ».
 
 Dans son discours à la conférence, Mary Creagh, membre du shadow cabinet travailliste chargée de l’Environnement, a appelé les scientifiques à mieux expliquer les avantages des produits GM. Elle a déclaré au Guardian : « Nous devons garder un esprit ouvert sur cette question. Je ne pense pas que nous devrions ignorer le rôle que devrait jouer la science pour relever les défis environnementaux ». Pour aider à calmer les préoccupations publiques suscitées par le fait qu’une poignée de grandes entreprises contrôlent de nouvelles variétés de cultures importantes, il devrait y avoir, selon Creagh, plus de financement public et privé commun pour la recherche, en particulier à l’échelle européenne.
 
 Pour consulter l’article en ligne en version originale anglaise, cliquer sur le lien ci-dessous :
www.guardian.co.uk/environment/2012/jan/05/gm-food-crops-demand-prices




 

La France persiste à refuser les OGM, mais le gouvernement manque d'éléments scientifiques pour décréter un moratoire.

Marc Mennessier 30/11/2011


 AGRICULTURE
« Le gouvernement français maintient et maintiendra son opposition à la culture du maïs Monsanto 810 sur le territoire français », a promis hier Nicolas Sarkozy au lendemain de l'annulation par le Conseil d'Etat du moratoire mis en place en février 2008, dans la foulée du Grenelle de l'environnement.
« Je crois à la recherche, à la nécessité de donner à nos agriculteurs les moyens de développer leur productivité. Mais je pense aussi que tout doit être fait pour maintenir la confiance des consommateurs », a souligné le chef de l'Etat lors d'un déplacement à Gimont, dans le Gers, où il participait à une table ronde avec des agriculteurs.
Pour cela, Nicolas Sarkozy a indiqué que les ministres de l'Agriculture et de l'Écologie, Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko- Morizet sont en train de préparer «une nouvelle clause de sauvegarde avec les éléments scientifiques qui nous permettront d'acter cette interdiction ».
Un exercice qui promet d'être tout sauf une formalité...
Reprenant les conclusions de la Cour de justice européenne du 8 septembre dernier, le Conseil d'Etat a en effet rappelé qu'un Etat membre de l'Union européenne ne peut décréter un moratoire que si la culture de ce maïs génétiquement résistant à certains parasites « présente un risque important mettant en péril de façon manifeste la santé humaine, la santé animale ou l'environnement ». Les Etats doivent également « établir l'urgence » d'une telle mesure d'interdiction. Or ces deux conditions n'étaient pas remplies en février 2008 lorsque la France a suspendu la culture du MON 810 en invoquant des « risques sérieux pour l'environnement ».
Le sont- elles davantage quatre ans après ?
Dès lundi soir, Nathalie Kosciusko- Morizet, affirmait disposer de « quatre études » postérieures à la décision de 2008, « qui viennent renforcer des inquié tudes qu'on peut avoir vis-à-vis des OGM en général et certaines ciblées sur le Monsanto 810. » Trois de ces études dont Le Figaro a eu connaissance, font état de phénomènes de résistance apparus, aux Etats-Unis et en Chine, sur des « insectes cibles non européens». Autrement dit, des ravageurs devenus insensibles à la toxine sécrétée par le maïs MON 810.
Première remarque de bon sens : comment justifier d'une « mesure d'urgence » prise sur le territoire national concernant des insectes qui, à l'exception de l'un d'eux (la chrysomèle) et encore de façon très limitée, ne vivent pas en France ? Ensuite si la résistance est incontestablement « un problème économique » pour les agriculteurs qui en sont victimes, elle « ne fait encourir a priori aucun risque en vironnemental », estime le Haut Conseil des biotechnologies (HCB) dans son avis de décembre 2009. « Une absence totale d 'efficacité du maïs MON810 reviendrait en effet à une simple absence de traitement. » Donc pas de quoi invoquer un quelconque « péril » pour la biosphère.
La quatrième étude s'est penchée sur la prolifération d'un ravageur occasionnel du coton en Chine suite à l'introduction de variétés transgéniques dont le spectre d'action est moins large que les insecticides (beaucoup plus polluants) employés jusqu'alors. « Il s'agit là encore d'un problème de gestion agronomique et non d'un risque pour l'environnement ou la biodiversité », souligne Marcel Kuntz, biologiste au CNRS qui estime que « ce n'est pas aux politiques de se prononcer sur la pertinence de publications scientifiques ».
Le gouvernement disposera- t-il d'éléments plus probants d'ici au printemps, c'est-à-dire avant les prochains semis de maïs ? Rien n'est moins sûr. Mais il y a peut-être une autre solution. « En juillet 2010, la Commission européenne a proposé un nouveau règlement permettant à un Etat membre d'interdire un OGM sur son territoire pur choix politique ou sociétal, sans avoir besoin de se justifier sur le plan scientifique », explique au Figaro Frédéric Vincent, porte-parole «santé consommation » à la Commission. Mais la France s'est jusqu'à présent vigoureusement opposée à ce projet ...
 


 

La betterave française défie la canne brésilienne

Laurence Girard 7/12/2011

La semence OGM s'invite dans la course à la productivité


Après le maïs OGM, la pomme de terre OGM, place à la betterave OGM. Cette dernière s'est invitée au menu des débats organisés par la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB), à Paris, mardi 6 décembre. Réunie pour son assemblée générale, la profession sucrière française s'est interrogée sur son aptitude à venir concurrencer le plus gros exportateur mondial de sucre, le Brésil. Sachant que les producteurs de sucre de betteraves estiment à 30 % le différentiel actuel de compétitivité avec la concurrence sud-américaine exploitant, elle, le sucre de canne.
Comment gagner cette course à la productivité ?
Leon Broers, directeur de recherche de la société allemande KWS, spécialisée dans les semences et partenaire de l'événement, a une réponse : "Avec les technologies OGM, nous pouvons obtenir un rendement 20 à 30 % plus élevé de la campagne betteravière. Elles prennent une position importante dans notre recherche. La betterave OGM a été introduite en 2008 aux Etats-Unis. Nous avons besoin de votre soutien pour faire entrer les OGM en Europe ", a-t-il déclaré. KWS travaille sur le sujet en partenariat avec BASF.
La CGB met, quant à elle, en avant un programme de recherche baptisé Aker. Regroupant le semencier français Florimond-Desprez et des instituts de recherche comme l'INRA et l'ITB, ce projet d'une durée de huit ans, soutenu par l'Etat, bénéficie d'un budget de 21 millions d'euros. L'objectif est, là encore, de franchir ce gap de compétitivité de 30 % d'ici à 2020, mais en exploitant la recherche génomique de la betterave.L'idée commune à ces projets est de sélectionner des variétés de betteraves moins sensibles au gel, capables d'être semées et récoltées plus tôt. Afin que les usines sucrières tournent plus longtemps et réduisent leur coût.

 

 

03/10/2011

Comment le débat sur les OGM freine la recherche en Europe

"La situation des biotechnologies végétales françaises est très inquiétante. » Marc Fellous, le président de l'Association française des biotechnologies végétales (AFBV),ne cache pas son désarroi. «La France et l'Europe,qui étaientà la pointe du progrès dans les années 1970, se trouvent aujourd'hui en situation totale de retrait, voire d'opposition avec les plus récents progrès de cette technologie.»
Ce n'est pas la première fois qu'un chercheur français lance ce cri d'alarme. Mais, cette fois, c'est très sérieux. Sous la pression permanente et parfois violente des militants anti-OGM, c'est toute la recherche hexagonale sur les végétaux qui est en danger. «La transgenèse n'est pas seule en cause. Avec elle,c'est tout le développement des techniques de biologie moléculaire qui se trouve gravement fragilisé », poursuit le médecin-généticien de l'Inserm.
Résultat : les entreprises françaises qui veulent rester dans la course sont contraintes de délocaliser leur R&D dans des pays plus tolérants avec le génie génétique appliqué aux plantes. La France n'est pas seule. A part l'Espagne, les cultures d'OGM en plein champ sont de facto interdites dans la plupart des pays du Vieux Continent. Environ 148 millions d'hectares de plantes génétiquement modifiées - essentiellement maïs, coton et soja - sont actuellement cultivées dans le monde. En Europe, la production de soja transgénique est désormais confidentielle, alors que les importations en provenance des Etats-Unis et du Brésil pour l'alimentation du bétail sont en augmentation. «Les OGM ne sont pas dans nos assiettes,mais ils sont dans nos élables », résume Daniel Seconds, président du GNIS, qui regroupe les producteurs de semences hexagonaux.

Affrontements stériles
Le plus inquiétant est le manque total de dialogue entre partisans et opposants à ces techniques. «Les deux camps paraissent irrréconciliables et il est impossible de s'accorder sur un consensus », indique Daniel Seconds, qui siège également au Conseil économique, social et environnemental (Cése), où se croisent les différents protagonistes. «Les débats tournent systématiquement à l'affrontement et restent stériles», confirme Patrick Durand, agriculteur dans le Loiret. Pratiquement paralysés, les chercheurs tablent sur les récents appels à projets lancés dans le cadre des inves tissements d'avenir pour « se donner un peu d'air ».
Le programme Breedwheat, annoncé la semaine dernière à Clermont-Ferrand, prévoit de faire appel à la génétique pour sélectionner de nouvelles variétés de blé. Ce projet (34 millions d'euros sur neuf ans) comprend une plate-forme de phénotypage destinée à dresser les cartes d'identité génétiques des espèces de blé les plus productives ou résistantes aux parasites ou à la sécheresse. « Cela aidera le sélectionneur à combiner les meilleures caractéristiques au sein d'une même variété », explique Catherine Feuillet, directrice de recherche à l'Inra et copilote du Consortium international pour le séquençage du génome de blé. Devançant les critiques, les responsables du programme précisent que ces améliorations pourront être introduites dans les cultures par « les moyens les plus modernes des biotechnologies tels que la transgenèse ainsi que par les techniques traditionnelles ». En d'autres termes, on va explorer le génome de blé, mais on ne touche pas aux gènes.
Le riz doré en cours de développement est l'exemple même des bénéfices apportés par ces procédés. Cette céréale a été modifiée pour contenir de la provitamine A et compenser les carences alimentaires qui affectent les populations asiatiques ou africaines. « Cette amélioration n'est possible qu'en faisant appel au génie génétique. Elle bénéficiera à plus de 400 millions de personnes dépendantes du riz pour leur alimentation et souffrant de carences vitaminiques », précise Ingo Potrykus, président de l'Humanitarian Golden Rice Board.
En s'inspirant du même concept de « biofortification », les chercheurs envisagent d'intervenir sur le manioc, le sorgho ou la banane, qui pourraient devenir des réservoirs de fer,de zinc, de vitamine E ou d'acides aminés essentiels pour des populations des pays pauvres. Venu à Paris pour le congrès de l'AFBV, Benjamin Christiaan Schoonwinkel, agriculteur sud-africain, ne comprend pas les polémiques européennes. Pour lui, les « cultures génétiquement améliorées» sont indispensables et « leur interdiction est certainement une entrave à la quête de plus de sécurité alimentaire pour le continent africain». Pour sa part, Ingo Potrykus estime que l'affaire est désormais entendue : « Vingt millions d'agriculteurs dans le monde produisent des OGM et nous avons désormais vingt-cinq ans de recul. Nous ne connaissons pas un seul cas documenté de danger lié à leur consom mation. »
Dans ce contexte, les chercheurs français ne sont pas très optimistes. «Notre pays et l'Europe ne peuvent pas continuer à se marginaliser et à exclure des innovations issues des biolechnologies végétales alors que celles-ci vont révolutionner les filières de tous les grands pays agiicoles, y compris les pays émergents », constate Marc Fellous. Le combat n'est pas fini et promet d'être rude. Claude Menara, agriculteur dans le Lot-et-Garonne qui a eu fort à faire avec les « faucheurs volontaires » dans un passé récent, se prépare à en découdre de nouveau avec les anti-OGM : "Nous n'allons pas rester les bras croisés et nous sèmerons des OGM l'an prochain"

 


 

Axel Kahn : "OGM : ni partisan, ni opposant " (20 octobre 2010)

Axel Kahn, médecin généticien, expliquera dimanche, les progrès réalisés grâce à la génétique. Généticien renommé, Axel Kahn donnera une conférence dimanche à 14 heures, à Yzeurespace.

Question : Votre conférence portera sur la maîtrise du vivant. Quelles questions cela recouvre-t-il ?

Le développement de toutes les méthodes permet, non seulement de connaître le mécanisme de fonctionnement des cellules vivantes, mais aussi de les reprogrammer. De piloter le vivant dans son ensemble, de l'utiliser à des desseins nouveaux. Ce sont donc toutes les biotechnologies qui utilisent les méthodes modernes du génie génétique. J'y ajouterai d'autres aspects qui ne sont pas vraiment de la génétique et qui ont trait aux cellules souches, à la médecine régénératrice, au clonage. Autant de techniques qui partent de la connaissance que l'on a des mécanismes du vivant pour le contrôler et l' utiliser selon les desseins des chercheurs.

Question : Quelles ont été les avancées, ces dernières années, en matière de génétique ?

Cela a commencé par le génie génétique (1972), c'est-à-dire par la possibilité de reprogrammer une cellule vivante par transfert de gènes. Aujourd'hui, cette méthode est massivement utilisée : beaucoup de médicaments sont produits de cette manière. Il s'agit aussi de l'amélioration des plantes par transfert de gènes, c'est-à-dire de la création de plantes transgéniques qui continuent d'être l'objet de débats passionnés et polémiques.

Question : Quel est votre point de vue sur les OGM ?

Je ne suis ni un partisan ni un opposant à cette méthode. Elle ne m'effraie pas. Les OGM, en tant que biologiste moléculaire, je vis avec, j'en fabrique. Dans tous les laboratoires, on pratique le transfert de gènes. Une technique banale. La méthode peut être intéressante pour faire apparaître de nouvelles variétés végétales mieux adaptées aux conditions du milieu (manque d'eau, diminuer les engrais) et aux besoins de l'agriculture. Ce n'est ni la panacée ni le monstre abominable que partisans et opposants disent. Compte-tenu des défis qui se posent en termes alimentaires dans le monde, il serait sans doute imprudent de renoncer totalement à cette méthode. Elle comporte des perspectives intéressantes pour améliorer l'adaptation des plantes aux nouvelles conditions.

Question : Le risque de contagion des champs en plein air n'est-il pas une limite ?

La limite c'est surtout celle liée au respect des opposants ! L'idée d'une perte de la diversité est un peu absurde parce que la culture OGM n'a pas, en soi, d'avantage génétique sur les autres cultures. La question est légitime du point de vue des opposants c'est-à-dire de ceux qui veulent garantir des cultures sans OGM. Ici, il ne s'agit pas d'un danger mais du respect d'un droit des agriculteurs de cultiver exempt de cette contamination OGM qu'ils considèrent non désirable.


 

OGM : L'heure de l'Afrique ?

Pascal Airault et Gemma Ware 26 septembre 2010

Encore peu utilisés sur le continent, les cultures génétiquement modifiées font leur entrée en Afrique de l'Ouest C'est une révolution.

Pour la première fois en Afrique francophone, un pays cultive des OGM à grande échelle. Les producteurs burkinabé ont planté, lors des semis de l'été, quelque 475000 hectares de coton transgénique, soit 80% des superficies. "Le coton génétiquement modifié présente de nombreux avantages" explique Tahirou Fofana, vice-président de l'Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPCB). Selon les estimations de la Sofitex, la première compagnie du pays, il permet d'accroître les rendements de 30% à 40% et de réduire également de moitié les traitements. Les autorités comptent sur les OGM pour relancer une culture qui est passée de 700000 tonnes au début des années 2000 à seulement environ 400000 t en 2009-2010. Objectif : 550000 t dès cette saison.

Les expériences sur les OGM ont débuté en 2003 au Burkina. Elles sont menées conjointement par la firme américaine Monsanto et l' Institut de l'environnement et de recherches agricoles (Inera). La multinationale apporte son gène et la technique de transgénèse, les Burkinabé fournissent les variétés locales. Cette saison voit l'aboutissement de huit années de recherche. Monsanto a consenti des efforts commerciaux pour gagner un marché rétif. Son objectif: conquérir tous les pays cotonniers de la zone franc, du Sénégal au Tchad. Car les cultures transgéniques sont encore peu répandues. Leur introduction fait toujours débat, et nombre de responsables politiques africains sont inquiets de la sécurité pour les consommateurs et de l'impact sur l'environnement. Un discours anti-OGM venu de l'Europe décrie un avenir où "l'agriculture serait dictée par des multinationales dont la récolte pourrait menacer la biodiversité complexe de l'Afrique". Il est vrai qu'en l'état actuel des connaissances des questions restent en suspens, notamment celles relatives à l'impact de l'utilisation d'OGM conjuguée à celle de pesticides sur les sols, les ressources hydriques, la reproduction des insectes. «Que faisons-nous? s'interroge Peter Hartmann, le directeur général de l'Institut international d'agriculture tropicale d'Ibadan au Nigeria, qui réalise des expériences en matière de culture transgénique. Nous abandonnons nos recherches ou nous les continuons en attendant que nos législateurs se décident quant à leur utilisation?"

L'Afrique du Sud est le pays le plus mature sur le continent. Il a commencé la production d'OGM en 1997 pour une superficie cultivée estimée à 2,1 millions d'hectares en 2009. L'Egypte qui produit du maïs sur 100 ha et le Burkina sont les deux seuls autre pays en phase d'exploitation. Mais d'autres s'ouvrent. Les législations du Zimbabwe, du Kenya et de Maurice permettent l'introduction de cette culture. Douze autres pays pourraient également entamer des essais sur les cultures transgéniques : Soudan, Madagascar, Ghana, Togo, Nigeria, Mozambique, Zambie, Malawi, Ouganda, Tanzanie, Namibie et Côte d'Ivoire.

Au final, le continent cultive 2,8 millions d'hectares d'OGM, contre 3,7 en Chine, 8,4 en Inde, 21,4 au Brésil et 64 aux Etats-Unis. Seulement 12% des semences (toutes variétés confondues) font l'objet d'une commercialisation en Afrique, contre une moyenne de 50% dans le monde. Dans la majorité des cas, les sociétés (les géants Monsanto et DuPont sont les plus actifs) doivent développer leurs nouvelles variétés localement et passer des accords de licence avec des opérateurs nationaux. "Je ne sais pas si les OGM sont les bienvenus sur le continent. C'est un pari à haut risque et coûteux", explique Denise Dewar, directrice de la fédérationCropLife, rassemblant les grandes sociétés agrochimiques. A court terme, certes. Mais la production agricole mondiale devra augmenter dans les trente prochaines années. Et le Sud nourrira de plus en plus le Nord. Les OGM devraient faire partie de l'équation.


 

Pour un bio à la sauce OGM

David Barroux, Rédacteur en chef 18 août 2010

Les adeptes du bio comme les partisans de la cause écologique voudraient nous faire croire que la défense de leurs convictions passe fatalement par l'attaque de tous les OGM. En faisant systématiquement -pour des raisons bien plus idéologiques que scientifiques- du génie génétique un ennemi à abattre, les avocats de cet intégrisme anti-innovation se trompent pourtant de cibles. Bien encadrés, les OGM ne sont pas leurs ennemis. Ils pourraient même, au contraire, être leurs alliés.

Les humanitaires luttant contre la faim dans le monde le savent. L'amélioration des rendements que permettent certain soja ou maïs transgéniques peut à sa manière contribuer positivement à l'alimentation de millions de personnes. Les moins obscurantistes des écologistes admettent également que les recherches permettant de faire pousser des plantes moins gourmandes en eau ou capables de se passer d'insecticides peuvent avoir un impact positif pour la nature. C'est aujourd'hui toute la filière bio qui devrait faire sa révolution culturelle et accepter d'étudier les aspects éventuellement positifs de la biotechnologie. Car à force d'idéaliser des symboles, certains en finissent par ignorer les faits. Contrairement aux idées reçues, le bio n'est en particulier pas forcément très écolo. Les rendements et les économies d'échelles étant limités, il faut faire rouler bien des heures un tracteur pour des productions faibles et un impact CO2 non négligeable. Il en va de même pour les fruits et légumes bio importés par avion et dont le bilan carbone est largement négatif.

Pas forcément meilleurs pour l'environnement, les produits bio pourraient faire des OGM un allié. En rendant le bio plus efficace, les OGM rendraient cette filière verte plus compétitive. Et en en redistribuant ces gains de productivité aux clients sous forme de baisse des prix, une filière bio-OGM serait même mieux équipée pour rivaliser avec l'agriculture traditionnelle. Cela permettrait de réduire la consommation de pesticides ou d'engrais chimique, contribuant ainsi positivement à l'environnement.

En refusant jusqu'à, l'idée de pouvoir étudier le simple impact des OGM, les faucheurs obscurantistes desservent une agriculture française qu'ils croient protéger. Surtout, en défendant une vision passéiste d'une agriculture bio, ils condamnent par avance les paysans français. Car, incapables d'innover, comment pourraient-ils rivaliser demain avec des producteurs bio installés dans des pays bénéficiant à la fois de coûts de main-d’œuvre plus faibles et peut-être des retombées positives de certains OGM ? Au lieu de les diaboliser, on se doit d'étudier sereinement les avantages comme les inconvénients des OGM.


 

AFBV : les autorisations de la Commission européenne sur les nouvelles plantes OGM sont un encouragement pour préserver la recherche européenne en biotechnologies végétales.

L'AFBV (Association Française pour les Biotechnologies Végétales) considère la décision de la Commission européenne d'autoriser 4 nouvelles plantes génétiquement modifiées (trois maïs et une pomme de terre) comme un message fort pour sauvegarder en Europe la recherche sur les biotechnologies vertes alors que celle-ci est découragée par la succession des moratoires et tergiversations. Elle regrette qu'il ait fallu attendre 13 ans pour autoriser la culture de la pomme de terre Amflora qui arrive maintenant sur le marché avec une technologie évidemment un peu ancienne.

La contribution de la recherche dans les biotechnologies vertes, à condition que ses innovations ne soient pas systématiquement retardées, est en effet importante pour l'avenir de l'agriculture si l'Europe aspire à une indépendance alimentaire et technologique et à une agriculture compétitive qui préserve l'environnement.

L'AFBV attend un signe similaire en faveur de la recherche française sur les biotechnologies vertes de la part du Président de la République à qui elle vient d'adresser une lettre ouverte pour l'alerter sur les risques de délocalisation et de perte d'expertise de la recherche française qui demeure, mais pour combien de temps encore, une des plus avancées dans le monde.

L'AFBV s'interroge sur la prise de position critique de Mme Chantal Jouanno, Secrétaire d'Etat à l'Ecologie, à propos de la décision de la Commission européenne d'autoriser la pomme de terre Amflora. En dénonçant cette décision courageuse de la Commission, Mme Jouanno remet en cause aussi l'expertise de ses propres instances. Cette décision de la Commission européenne s'appuie en effet sur l'expertise de l'AESA (UE), dont les conclusions vont dans le même sens que celles déjà émises en 2005 par l'AFFSA (France) et par la CGB (Commission du Génie Biomoléculaire) consultée en 2004 par les pouvoirs publics. Or, entre 2005 et 2010, aucun évènement scientifique nouveau n'est intervenu pouvant justifier le changement de la position française, sinon une nouvelle pression politique des organisations militantes anti-OGM.

Par ailleurs, l'AFBV souligne que la plupart des autres pays européens qui ont mis en place des procédures et des structures d'expertise équivalentes à la France se sont également prononcés favorablement dans le pas- se pour l'autorisation de la commercialisation de cette pomme de terre, y compris l'Allemagne. L'AFBV dénonce la suspicion récurrente, démagogique et humiliante par des responsables politiques, de l'intégrité́ des scientifiques des différentes autorités françaises et européennes lorsque leurs conclusions ne coïncident pas avec les thèses de certains lobbys écologistes ou d'intérêts politiques. A la veille d'une consultation du HCB, cette perte de confiance affichée de MTM Jouanno dans la compétence et l'intégrité́ de nos chercheurs n'est pas de bonne augure.

Par ailleurs, les scientifiques de l'AFBV maintiennent les conclusions de l'AFSSA et de l'AESA, à savoir que les risques du gène de résistance à un antibiotique de cette pomme de terre réservée à des usages industriels, sont négligeables pour l'environnement. De plus la bactérie dont est issu le gêne NPTII résistant à un antibiotique et présent dans la pomme de terre Amflora est déjà̀ largement présente dans la nature et dans le corps humain sans avoir démontré́ un danger quelconque pour la santé.

L'AFBV s'étonne que les avantages concrets dont bénéficie cette pomme de terre et susceptibles d'intéresser les industriels (papeterie, textiles, chimie...) ne soient que rarement évoques. Cette nouvelle pomme de terre Amflora permet pourtant d'obtenir 99% d'amilopectine au lieu de 85% dans le cas des pommes de terre actuellement sur le marché́. Elle diminue ainsi les coûts d'extraction et améliore la compétitivité́ industrielle de l'amidon issu de cette plante. Elle valorise ainsi une biomasse destinée à des usages industriels, l'une des priorités du gouvernement. Cette innovation est écologiquement positive et s'inscrit parfaitement dans les préoccupations actuelles d'économie d'énergie et de CO2 sur le plan industriel.


 

Biotechnologies 77 % des Européens favorables

Lundi 10 mai 2010

L’Association française des biotechnologies végétales (AFBV) révèle dans un communiqué que d’après l’Eurobaromètre, 77 % des Européens sont favorables à l’utilisation des biotechnologies par les agriculteurs.

A la question « Etes-vous d’accord avec l’idée que l’Europe devrait encourager les agriculteurs à tirer profit des progrès des biotechnologies ? », 77 % des Européens donnent une réponse positive. Pour la France, 76 % des sondés répondent positivement. L'AFBV se félicite des résultats de ce sondage qui révèle « une opinion publique beaucoup plus ouverte aux progrès des biotechnologies qu’on ne pourrait le croire, compte tenu des campagnes de désinformation de certains lobbys ».

Selon l’AFBV, les résultats de ce sondage sont d’autant plus encourageants que plus on est jeune, plus on a fait des études longues et plus on est favorable aux biotechnologies.

« Cette image positive devrait encourager les pouvoirs publics français à développer la recherche dans les biotechnologies végétales, comme l’a demandé l’AFBV dans une lettre ouverte au président de la République », rappelle l’association. « Il reste à convaincre les citoyens que les OGM peuvent apporter des solutions intéressantes pour développer une agriculture compétitive et de qualité, source de revenus pour les agriculteurs et qui respecte mieux l’environnement », estime l’AFBV.


 

Comment réduire l'impact sanitaire des pesticides

Par Marc Mennessier 
29/04/2010

Un rapport parlementaire propose notamment de recourir aux biotechnologies végétales.

Comment diminuer le recours aux produits phytosanitaires sans compromettre les récoltes quand on sait que la Terre comptera 2 milliards d'habitants de plus en 2050 ? Quel est l'impact sanitaire réel de ces substances chimiques qui, d'un autre côté, permettent aux agriculteurs de produire à moindre coût une alimentation abondante et de qualité en luttant efficacement contre les parasites des cultures ? Enfin comment protéger «aussi bien l'utilisateur de produits phytopharmaceutiques que le consommateur des végétaux cultivés à l'aide de ceux-ci», interroge Claude Gatignol, député UMP de la Manche et Jean-Claude Étienne, sénateur UMP de la Marne dans le rapport «Pesticides et santé », remis mercredi à l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) ?

Premier constat, l'agriculture est, contrairement à une idée très répandue, de plus en plus économe en pesticides. En dix ans, le tonnage de matières actives (fongicides, herbicides, insecticides) consommées en France a chuté d'un tiers, passant de 120 000 tonnes en 1999 à un peu moins de 80 000 tonnes en 2008. Le tout essentiellement grâce à la pratique de l'agriculture raisonnée et à l'utilisation d'outils d'aide à la décision de plus en plus sophistiqués.

Études épidémiologiques

Malgré ces résultats appréciables, MM. Étienne et Gatignol soulignent que «des progrès doivent encore être faits». La présence de résidus de pesticides dans les sols, l'air, l'eau et l'alimentation, quoiqu'à très faible dose, incite à la vigilance. D'autant que l'on connaît encore mal les effets à long terme de ces bas niveaux de contamination sur la santé des agriculteurs et, plus encore, des consommateurs. La difficulté de mener à bien une telle évaluation «tient à la multiplicité des facteurs pouvant induire des symptômes identiques», notent les deux parlementaires. Des études épidémiologiques menées aux États-Unis montrent toutefois que les agriculteurs, qui sont les principaux utilisateurs de pesticides, ont globalement moins de cancers que la population générale. En revanche, ils développent plus fréquemment certains types de cancers (cerveau, prostate, leucémies, lèvres) ainsi que d'autres pathologies comme les maladies respiratoires, les troubles de la reproduction ou neurologiques (Parkinson, Alzheimer). Plus surprenant «le dosage des pesticides dans l'urine des applicateurs démontre contre toute attente que l'exposition aux pesticides ne dépend pas de la quantité de pesticides utilisée ou de la surface traitée mais de la méthode d'application et du niveau de protection de l'applicateur», notent MM. Étienne et Gatignol qui recommandent logiquement «d'inciter les agriculteurs à employer» les équipements de protection adéquats (gants, masques…).

Réduire plus encore le recours aux pesticides est sans conteste le plus sûr moyen de limiter les risques d'exposition. Mais, à l'agriculture biologique, qui utilise elle aussi des produits dangereux pour la santé (comme la roténone) ou l'environnement (comme le sulfate de cuivre) et qui n'est pas en mesure de répondre aux défis alimentaires du futur, les deux parlementaires préfèrent l'agriculture raisonnée, plus économe en engrais et en pesticides que l'agriculture conventionnelle. Ils recommandent également de «favoriser les recherches en biotechnologies végétales permettant de créer des variétés de plantes résistantes aux ravageurs de cultures». Autrement dit, les OGM que la France et l'Europe s'évertuent à clouer au pilori depuis dix ans.


 

Des scientifiques pro-OGM contestent une étude sur trois maïs

Une récente étude (LM d'hier) sur la nocivité́ suspectée de trois variétés de maïs OGM de Monsanto n'apporte « aucune nouvelle preuve », affirment mardi les partisans des OGM, réunis au sein de l'Association française des biotechnologies végétales (AFBV). Les trois OGM concernés - le MonSlO, le Mon863 et le NK603 - sont autorisés et cultivés dans le monde entier depuis plusieurs années et « aucun problème sanitaire n'a jamais été́ mis en évidence de façon scientifique », estime l'Afbv dans un communiqué. Cette étude publiée vendredi dans l'International Journal of Biological Sciences « est en réalité́ une nouvelle analyse statistique et une nouvelle interprétation de données déjà̀ existantes et en quelque sorte recyclées et bien connues depuis longtemps mais n'est nullement le résultat de nouvelles expérimentations », assure l'AFBV. 2


 

OGM: le maïs Mon 810 devrait à nouveau être autorisé, estime l'AFBV

Publie le lundi 28 décembre 2009

L' (Association française des biotechnologies végétales) souhaite que «les pouvoirs publics autorisent la culture du maïs Mon 810 en mettant en œuvre toutes les décisions nécessaires pour permettre une cohabitation entre les filières OGM et les filières non OGM».

Pour l'association, cette autorisation serait cohérente avec les conclusions du Grenelle de l'environnement, qui souhaite trouver des alternatives à la protection chimique des plantes.

En effet, le comité́ scientifique du HCB (Haut-Conseil des biotechnologies) a globalement confirmé l'innocuité́ du maïs Mon 810 sur les plans sanitaires et environnementaux, mais le comité́ économique, éthique et social (CEBS) du HCB a mis en avant des inconvénients pour le Mon 810 qui sont juges par l'AFBV hypothétiques.

L'association considère pour sa part que «les bénéfices concrets du Mon 810 l'emportent largement sur ses quelques inconvénients». Elle ajoute par ailleurs que le risque zéro n'existe pas dans les maïs OGM comme dans bien d'autres domaines.

L'AFBV conclut que «les trois ministres concernés (Agriculture, Recherche et Ecologie) vont donc porter une lourde responsabilité́ dans la décision qui sera prise sur le Mon 810. De leur choix dépendra en effet en partie l'avenir de l'innovation et de la poursuite du progrès scientifique au profit l'agriculture française».

Lire également: OGM: l'avis du HCB n'apporte aucun élément nouveau sur le Mon 810 (Obama) (24 décembre 2009) Mais Mon 810: inconvénients de la culture supérieurs aux avantages (Haut conseil des biotechnologies) (22 décembre 2009)


 

La filière sans OGM serait coûteuse selon l'AFBV

A la demande du Gouvernement, le Haut Conseil des Biotechnologies (HCB) vient de recommander la création d'une filière alimentaire « sans OGM ». Selon cette recommandation un produit pourrait être mentionné sans OGM à condition de contenir moins de 0,1% d’ADN « transgénique » alors que le seuil accepté dans tous les pays de l’Union européenne est de 0,9%.

A la demande du Gouvernement, le Haut Conseil des Biotechnologies (HCB) vient de recommander la création d'une filière alimentaire « sans OGM ». Selon cette recommandation un produit pourrait être mentionné sans OGM à condition de contenir moins de 0,1% d’ADN « transgénique » alors que le seuil accepté dans tous les pays de l’Union européenne est de 0,9%.

L’Association française des biotechnologies végétales (AFBV) estime « que ce nouveau seuil proposé pour qualifier une filière sans OGM n’apporterait rien de plus au consommateur en terme de sécurité alimentaire mais beaucoup de problèmes aux acteurs des filières agricoles et alimentaires ainsi que le risque de désaccords européens. »

L’AFBV ajoute que le nouveau seuil de 0,1 % serait difficilement mesurable de manière fiable en contrôle de routine. Les mesures de ce seuil seraient donc contestables et probablement contestées avec toutes les conséquences juridiques et médiatiques qui pourraient en résulter. En outre, il entraînerait de nouvelles contraintes pour les agriculteurs.


 

L'AFBV demande que le grand emprunt profite aux biotechnologies

L'Association française des biotechnologies végétales (AFBV), créé en juin dernier et qui réunit chercheurs et professionnels agricoles, demande que le grand emprunt lancé par la France serve, entre autres, à investir dans la recherche sur les bio- technologies végétales. Dans un communiqué du 22 octobre, l'association estime que ('agriculture française « est confrontée à un inquiétant problème de baisse de compétitivité́, à la nécessité de trouver des alternatives à la protection chimique des cultures et à une contribution énergétique encore insuffisante ». Présidée par Marc Fellous, professeur de génétique humaine, et parrainée notamment par Axel Kahn, Claude Allègre et le prix Nobel de chimie Jean-Marie Lehn, l'association estime que l'inscription de crédits de recherche sur les biotechnologies vertes dans ce grand emprunt national « marquerait un signe fort sur les ambitions dè la France de demeurer parmi les grands pays agricoles ».


 

Des scientifiques pro-OGM contestent une étude sur la nocivité́ de 3 maïs

PARIS, 15 déc. 2009 (AFP) - Line récente étude sur la nocivité́ suspectée de trois variétés de maïs OGM de Monsanto n'apporte "aucune nouvelle preuve", affirment mardi les partisans des OGM, réunis au sein de l'Association française des biotechnologies végétales (Afbv).

Les trois OGM concernés- le Mon810, le Mon863 et le NK603 - sont autorisés et cultivés dans le monde entier depuis plusieurs années et "aucun problème sanitaire n'a jamais été́ mis en évidence de façon scientifique", estime l'Afbv dans un communiqué.

Un des auteurs de cette étude, publiée vendredi dans l'International Journal of Biological Sciences, le Pr Gilles-Eric Séralini de l'université́ de Caen, estime avoir "prouvé pour la première fois au monde que ces OGM n'étaient pas sains, ni suffisamment corrects pour être commercialisés".

Cette étude "est en réalité́ une nouvelle analyse statistique et une nouvelle interprétation de données déjà̀ existantes et en quelque sorte recyclées et bien connues depuis longtemps mais n'est nullement le résultat de nouvelles expérimentations", assure l'Afbv.

Les universitaires auteurs de l'étude ont de nouveau analysé des données fournies par Monsanto aux autorités sanitaires pour ces maïs, qu'ils ont obtenues après décision de justice.

L'association Afbv, créée en juin, est présidée par le Pr Marc Fellous, spécialiste de génétique humaine et ancien président de la Commission du Génie biomoléculaire (CGB), organe consultatif sur la dissémination des OGM, dissoute en 2007.


 

L'AFBV favorable à l'autorisation du maïs Mon 810

Contrairement au Comité économique, éthique et social (CEBS) du Haut Conseil des biotechnologies (HCB), l'Association française des biotechnologies végétales estime que le Gouvernement devrait autoriser la mise en culture du maïs Mon 810 de Monsanto. L'AFBV qui rassemble 40 chercheurs de haut niveau déplore que le CEBS du HCB ait mis en avant des inconvénients « tout à fait hypothétiques, souvent inconsistants et avancés sur la base de raisonnements purement intellectuels, voire politiques ». L'AFBV considère que les bénéfices concrets du Mon 810 et validés par le HCB l'emportent largement sur les quelques inconvénients « non factuels avancés, le risque zéro n'existant pas dans les maïs OGM comme dans bien d'autres domaines ». D'où le souhait de l'AFBV que les ministres de l'Agriculture, de la Recherche et de l'Ecologie se prononcent en faveur de Mon 810 assorti de la mise en garde suivante : « De leur choix dépendra en effet en partie, l'avenir de l'innovation et de la poursuite du progrès scientifique au profit de l'agriculture française ».


 

Le grand emprunt pour les biotechnologies végétales

Des scientifiques demandent que la recherche sur les OGM soit une priorité nationale.

La toute jeune Association française des biotechnologies végétales (AFBV), créée en juin dernier, vient de demander à la Commission Juppé-Rocard de faire figurer la transgénèse, autrement dit les organismes génétiquement modifiés (OGM), et toutes les techniques innovantes en matière d'amélioration des plantes, parmi les bénéficiaires du futur grand emprunt destiné à relancer l'économie nationale. Présidée par le Pr Marc Fellous, spécialiste de Génétique humaine et ancien président de la Commission du génie biomoléculaire (remplacée aujourd'hui par le Haut conseil des biotechnologies), l'association rassemble un peu plus de 70 membres fondateurs issus du monde académique, agricole et industriel. On y trouve des personnalités prestigieuses comme le directeur général honoraire de l'Institut Pasteur, Philippe Kourilsky, l'essayiste Guy Sorman, le philosophe François Ewald ainsi que de nombreux chercheurs de l'Institut national de la recherche agronomique.

« Le défi végétal est l'un des plus grands que l'humanité aura à résoudre dans un proche avenir avec le climat et l'eau, explique au Figaro le généticien Axel Kahn, président de l'université Paris-Descartes, qui parraine l'association aux côtés du Prix Nobel de chimie, Jean-Marie Lehn, et du géophysicien Claude Allègre. Pour nourrir les 9 milliards d'hommes qui peupleront la Terre en 2050, il faudra doubler la production agricole. Le tout sans augmenter le recours à l'irritation, aux engrais et aux pesticides et sans couper ce qu’il reste de forêts, c'est-à-dire sans augmenter les surfaces, cultivées. L'humanité n'aura donc pas d'autre choix que de doubler la productivité en misant à fond sur l'amélioration génétique et notamment sur les OGM. L'enjeu est tel que l'on ne peut dire, comme certains, que l'on pourra à priori s'en passer. C'est une position de principe idéologique qui, de mon point de vue, n'est pas sage » D'autant que si la France se désengage de ce secteur clé sous la pression des mouvements écologistes, les biotechnologies végétales font l'objet « d'investissements massifs dans la plupart des grands pays agricoles », constate le Pr Marc Fellous. La France qui était leader dans ce domaine jusqu'à la fin des années 1990 peut-elle courir le risque de se laisser distancer ?

En encadré : « Le défi végétal est l'un des plus grands que l'humanité aura à résoudre avec le climat et l'eau » Axel Kahn Marc Mennessier

 

Vrai ou faux
Question:
Les gènes de résistance à des antibiotiques utilisés pour créer des PGM sont-ils dangereux ?
Réponse:

Lors de la réalisation des premières plantes transgéniques, des gènes de résistance à des antibiotiques ont été utilisés en laboratoire afin de pouvoir sélectionner les lignées transformées en appliquant un antibiotique. Chez les OGM récents, le gène codant pour l’enzyme permettant une résistance à un antibiotique donné n’est plus présent dans les plantes cultivées en champ. Les plantes cultivées en champ ne contiennent jamais d’antibiotique. Les gènes de résistance inactivent l’antibiotique (ils ne produisent pas d’antibiotique)

Les gènes de résistance à un antibiotique, peuvent-ils se propager ? L’EFSA a conclu qu’en conditions naturelles, il n’a pas été observé de transfert de l’un de ces gènes des plantes génétiquement modifiées vers des bactéries. Il est aujourd’hui établi que des gènes de résistance à des antibiotiques sont déjà présents dans tous les environnements, y compris notre flore intestinale (tube digestif). Là se trouve la vraie menace : utiliser pour des problèmes de santé des antibiotiques de manière inappropriée.

Pour en savoir plus :

  • Avis de l'EFSA
  • Gut harbors antibiotic resistance

 

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