Communiqués de presse

La coexistence entre maïs Bt et maïs conventionnel est non seulement possible mais souhaitable !

11/10/2010

Le Gouvernement français s'est engagé dans la loi sur les OGM de 2008 à définir les conditions techniques de coexistence entre cultures à base de semences conventionnelles et cultures à base de semences génétiquement modifiées pour laisser à l'agriculteur sa liberté de choix. Mais la sortie des décrets traîne, probablement parce que la coexistence fait peur à certains. L'AFBV dénonce ces retards qui sont de moins en moins justifiés.

L'AFBV  qui préconise aussi cette coexistence est confortée par une récente étude de W.Hutchinson parue le 8 octobre 2010 dans la revue scientifique "Science". Cette étude démontre que, dans cinq Etats américains, les cultures de maïs Bt ont, non seulement fortement limité les populations de pyrales, insectes ravageurs du maïs, mais aussi, et c'est ce qui est nouveau, dans les cultures voisines de maïs conventionnel. Il en est résulté, non seulement des économies d'insecticides et des améliorations de rendement pour les utilisateurs de maïs Bt mais aussi des bénéfices très similaires pour les agriculteurs du voisinage cultivant du maïs conventionnel. Selon l'AFBV, cet effet était attendu mais non encore prouvé. Cet effet est bien connu et opère aussi entre agriculture conventionnelle et agriculture bio, la protection des cultures traditionnelles ayant aussi des effets positifs pour les agriculteurs en mode de production biologique.

L'AFBV souligne que ces résultats sur le maïs Bt vont dans le même sens que des travaux chinois qui montraient que le cotonnier Bt réduisait les populations de noctuelles également sur les cultures voisines (arachide, soja, cultures maraîchères). C'est aussi le cas bien connu de la papaye OGM résistante au ringspot virus à Hawaï qui a aussi bénéficié à la papaye conventionnelle et permis de relancer cette culture.

Selon l'AFBV, tous ces résultats d'études légitiment l'organisation sereine de la coexistence entre les maïs Bt et les maïs conventionnels. L'AFBV préconise cependant de bien respecter les procédures de biovigilance et en particulier les zones refuges pour limiter les risques d'apparition de résistance à la protéine Bt.

Selon l'AFBV, l'avenir est à l'agro-diversité, c'est-à-dire à la cohabitation organisée des différents systèmes de culture.