Communiqués de presse

Une nouvelle destruction de parcelles de tournesol entretient la confusion volontaire

31/08/2011

Après Feyzin dans le Rhône le 30 juillet, les « faucheurs volontaires » ont détruit le 28 Août dans la Drôme de nouvelles parcelles de tournesol tolérant certains herbicides, qualifiant ces variétés « d’OGM cachés » ou « d’OGM clandestins ».

L’Association Française des Biotechnologies Végétales (AFBV) dénonce cette nouvelle destruction de parcelles expérimentales alors que ces variétés de tournesol ont été obtenues par mutagenèse et non par transgénèse, technique réglementée au niveau européen, conduisant aux plantes génétiquement modifiées (OGM).

L’AFBV dénonce cette confusion volontaire entre la transgénèse et la mutagénèse, deux techniques issues des biotechnologies, mais totalement différentes dans leur principe. L’AFBV rappelle que la technique de la mutagénèse est pratiquée dans le monde entier depuis plus de cinquante ans pour améliorer les plantes, et les variétés qui en sont issues sont utilisées tant en agriculture conventionnelle qu’en agriculture biologique. Les mutations, spontanées ou provoquées, constituent d’ailleurs une des bases de l’amélioration des plantes.

En critiquant ainsi la technique de la mutagénèse après avoir critiqué celle de la transgénèse, les faucheurs volontaires n’ont-ils pas en définitive pour objectif de remettre en cause les méthodes scientifiques de l’amélioration génétique des plantes ?

Pour l’AFBV, il est grand temps que les pouvoirs publics prennent une position claire pour soutenir activement les biotechnologies végétales qui constituent une source d’innovations déterminantes pour l’avenir de notre agriculture.

ANNEXE : PRECISIONS SCIENTIFIQUES

Le 30 juillet 2011, à Feyzin dans le Rhône, puis le 28 Août dans la Drôme, des "faucheurs volontaires" ont détruit des parcelles de tournesol obtenu par mutagenèse qualifiant ces variétés d’ «OGM cachés» ou d’ «OGM clandestins».

Peut-on parler d'OGM pour ce type de variétés ? Un OGM est un organisme obtenu par transgénèse, or la transgénèse actuelle n'est pas l'équivalent de la mutagenèse. Il faut pour cela revenir sur les définitions de la transgénèse et de la mutagenèse.

D'une façon générale, la transgénèse correspond à l’addition intentionnelle d'un gène dans le patrimoine génétique d'une espèce. C'est d’ailleurs un phénomène qui s'est produit au cours de l'évolution des organismes vivants et qui se manifeste spontanément. Il peut aussi être maîtrisé par l'homme et c'est la maîtrise de cette technique qui aboutit aux OGM au sens strict. De ce point de vue, la transgénèse est définie comme le transfert d'un gène dans le génome d'une espèce par des moyens artificiels.

Au sens large, la mutagénèse est l'induction de modifications aléatoires dans un génome donné qui peut entraîner de nouveaux caractères : il peut s'agir de changement de place de segments chromosomiques, de perte de petits segments d'ADN, de changements dans la séquence des bases (A,T,G,C) au sein de la molécule d'ADN. Au sens restreint, elle est limitée à ces derniers types de modifications. Le remplacement d'une base par une autre dans le séquence d'ADN peut être obtenue par certains agents chimiques mutagènes appliqués au niveau de graines ou de cellules en culture. Ce type de mutation est analogue aux mutations spontanées à la base de la variation génétique naturelle des espèces. Cette technique a été très utilisée pour améliorer de nombreuses espèces cultivées. Dans le cas des tournesols tolérants à un herbicide (imidazolinone), il s'agit de mutations apparues spontanément dans des cultures de soja traitées avec cet herbicide. Il s'agit donc d'une mutation naturelle.

 

Conseil Scientifique de l’AFBV