Communiqués de presse

AFBV : La Ministre de l’Ecologie ne doit pas condamner une innovation importante pour l’agriculture française

11/09/2011

L’Association française pour les biotechnologies Végétales (AFBV) considère comme positive la décision de la Cour de justice européenne qui vient de mettre en cause la procédure utilisée par le Gouvernement français pour la suspension de la culture du maïs Bt MON 810.

Si la Ministre de l’écologie venait à prendre une nouvelle clause de sauvegarde, l’AFBV tient à préciser qu’une telle décision ne pourra pas se faire sur les quelques éléments indiqués par la Ministre.

En effet, contrairement à ce qu’affirme la Ministre de l’écologie, les recommandations formulées dans l’avis de l’Anses (en date du 27 janvier 2011) n’invalident pas le traitement statistique utilisé dans le cadre des tests toxicologiques du maïs MON 810. Certes, si l’Anses propose des pistes d’amélioration pour les traitements statistiques, ceux appliqués dans le cas du MON 810 ne sont pas remis en cause et permettent de conclure à l'absence d'effet toxique. Toutes les conclusions des avis précédents des instances d’évaluation française et européenne (AFSSA puis ANSES et EFSA) restent donc valables. En outre, l’AFBV rappelle à la Ministre de l’écologie qu‘une suspension d’autorisation de mise en culture n’est acceptable que si l’OGM visé présente un risque manifeste pour les populations, soit pour sa consommation, soit pour l’environnement. Or, aucun élément scientifique récent ne permet d’établir un tel risque, qui n’est donc pas plus justifié aujourd’hui qu’hier.

L’AFBV rappelle que le maïs MON 810 est cultivé depuis 16 ans dans de nombreux pays, y compris en Europe, sans problème sanitaire ou environnemental scientifiquement prouvé.

Les déclarations de la Ministre sont d’autant plus surprenantes que ce maïs, d’une part, contribue à la réussite du plan Ecophyto 2018 promu par le Gouvernement et, d’autre part, améliore la sécurité sanitaire des animaux en réduisant les teneurs en contaminants biologiques (mycotoxines) du maïs.

Les problèmes d’apparition de résistance de la chrysomèle (un coléoptère) évoquée par la Ministre ne concernent pas cet OGM (tolérant à des lépidoptères), et surtout, à l’évidence, ils ne représentent pas un risque sanitaire ou environnemental, mais l’éventualité, non avérée à ce jour, d’un problème agronomique gérable.

Enfin, l’AFBV s’interroge sur le manque de réaction du Ministre de l’agriculture concernant cette alternative biologique performante et très attendue pour lutter, sans insecticides chimiques de synthèse, contre la pyrale et la sésamie, deux insectes ravageurs importants du maïs. Doit-on en déduire que son discours sur le rôle majeur de l’innovation pour l’avenir de l’agriculture ne concerne pas l’amélioration génétique des plantes ?