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Des pommes de terre à faibles teneurs en toxines

15/03/2015

Une équipe de chercheurs du « RIKEN Center for Durable Resource Science durable » dirigée par K. Saito, a réussi à obtenir des pommes de terre contenant moins d’alcaloïdes toxiques par une technique d’édition du génome (TALEN)…

Comme beaucoup de plantes, la pomme de terre secrète, en effet, des alcaloïdes toxiques lorsqu’ils sont présents en grande quantité. Ces alcaloïdes sont présents principalement dans la peau lorsque la pomme de terre est laissée à la lumière et dans les bourgeons. En grande quantité, ils donnent un goût amer et peuvent provoquer des malaises. La variété magnum bonum, créée en Angleterre en 1876 après avoir connu un certain succès en Europe, a été définitivement retirée du marché en Suède pour sa teneur trop élevée en glycoalcaloïdes. Elle ne figure pas parmi les variétés inscrites des catalogues officiels européens de semences de pomme de terre. Lenape, variété de pomme de terre sélectionnée aux États-Unis en 1967, fut exclue du marché par les autorités sanitaires des États-Unis et du Canada à cause de sa teneur trop élevée en glycoalcaloïdes

Ces alcaloïdes sont aussi appelés glycoalkaloïdes stéroïdiens (SGA). Ceux que l’on trouve dans la pomme de terre en grande quantité sont la solanine et la chaconine. Ce sont des molécules qui permettent notamment à la plante de se défendre vis-à-vis de différents ravageurs.

En identifiant le processus impliqué dans la production des SGA, en particulier des gènes impliqués dans la synthèse du cholestérol, il a été montré que deux gènes codant pour les réductases 1 et 2 (ssr1 et ssr2) sont impliqués dans cette voie métabolique. L'analyse fonctionnelle réalisée révèle que la réductase SSR2 est l’enzyme la plus importante pour la conversion de composés précurseurs de cholestérol et conduisant à la synthèse des SGA.

Le gène ssr2 a été excisé du génome de la pomme de terre par une technique d’édition du génome (TALEN). Cela a permis de diminuer considérablement la teneur en SGA aboutissant à des pommes de terre plus saines pour le consommateur.

Cependant, l’abaissement du taux d’alcaloïdes peut rendre la plante plus sensible aux maladies. La voie biochimique découverte par cette étude pourrait apporter d'autres bénéfices intéressants : "Ce gène pourrait être utilisé pour la production de cholestérol et de dérivés dans des plantes ou même des microbes», d’après Saito.

 

Source : http://www.riken.jp/en/research/rikenresearch/highlights/7902/