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Les graines du changement

06/06/2015

Edition du génome

Dans cet éditorial de la revue Nature, les rédacteurs notent : « Alors que la première bataille de l’Europe sur les OGM chancelle vers une trêve fragile, une deuxième – et peut-être plus importante – se profile ». L’entreprise américaine de sélection végétale Cibus a récemment déployé sa première culture créée au moyen d’une technologie d’édition de précision de gènes qui permet de modifier seulement quelques nucléotides de l’ADN d’une plante comme le ferait une mutation spontanée. Selon l’entreprise, le colza tolérant à un herbicide qui en résulte ne peut pas être considéré comme transgénique, dans la mesure où il n’a pas intégré de matériel génétique étranger.

Cibus espère que ses plantes trouveront grâce dans l’Union Européenne : « Cet espoir est fondé sur un argument logique », écrivent les rédacteurs. En février, les autorités de l’Allemagne hostile aux OGM ont déclaré à Cibus qu’elles ne considéreront pas les produits créés par l’édition de gènes comme des OGM, mais comme des produits issus de la sélection végétale conventionnelle. Cependant, avec les nouvelles lignes de bataille déjà tracées, l’approbation et l’acceptation générales risquent de ne pas être aussi simples ».

Avec la première bataille pour les cultures génétiquement modifiées (GM) en Europe qui se termine sur une réglementation peu satisfaisante, indiquent les rédacteurs, la Commission Européenne essaie encore une fois de gagner du temps en ce qui concerne le type de technologie utilisé par Cibus. Les groupes écologistes soutiennent avec insistance que ces nouvelles méthodes d’amélioration des plantes doivent aussi être soumises à la réglementation stricte de l’Union Européenne sur les OGM. La commission a fait savoir qu’elle a lancé une « analyse juridique approfondie » de la définition d’organisme génétiquement modifié et des critères pour exclure certaines technologies.

Source : Nature (8 avril 2015)