Webinaires AFBV 2021

Les évènements de l'AFBV

Il nous a semblé que la période était propice à proposer une série de webinaires, d’une durée d’une heure, sur des sujets choisis par le Conseil Scientifique de l’AFBV.

Les deux premiers traiteront des progrès récents dans la connaissance des associations des végétaux avec le monde des microorganismes (microbiote) et des possibilités d’amélioration de ces relations.

Webinaire #1
Mercredi 10 mars à 11h (durée : 1 heure)

Conférence de Christophe Mougel – Inrae

Chercheur INRAE du département Santé des Plantes et Environnement, Christophe Mougel a rejoint en 2013 l’Institut de Génétique, Environnement et Protection des Plantes à Rennes en provenance de l’UMR Agroécologie de Dijon. L’objectif principal de son projet scientifique est de comprendre les bases écologiques et génétique des interactions plante-communautés microbiennes au sein de la rhizosphère et de leurs conséquences sur la résistance des plantes à différents bioagresseurs. Une sortie opérationnelle est de contribuer à la définition d’idéotypes de plantes maximisant les interactions bénéfiques entre plantes et communautés microbiennes dans une optique de réduction des intrants et donc in fine de contribution à la définition de nouveau systèmes de production.

« Le microbiote associé aux plantes : sa diversité, ses interactions et l’importance de ses relations
avec les différents végétaux »

Présentation : Georges Pelletier
Animation : Mohammed Bendahmane, Thierry Langin

Résumé de la communication

Les plantes hébergent une très grande diversité de virus et de micro-organismes ou microbiote (eubactéries, archées, champignons filamenteux, oomycètes, protistes) que l’on peut retrouver à l’intérieur ou à la surface des tissus de leurs différents organes : racines, feuilles, graines. Le résultat des interactions au sein du microbiote et entre le microbiote et la plante peut modifier le développement et l’adaptation à différentes contraintes abiotiques et biotiques du végétal. Ces observations questionnent sur (i) les processus écologiques impliqués dans l’assemblage des communautés microbiennes au voisinage et à l’intérieur des tissus de la plante, (ii) les espèces et les fonctions du microbiote impliquées dans les modifications phénotypiques de la plante en lien avec sa performance (croissance et santé) et (iii) le rôle du génotype de la plante dans l’amélioration ou le maintien des interactions bénéfiques qui contribuent à sa résistance et sa résilience aux bioagresseurs. Cette vision holistique de l’écosystème plante sera présentée et discutée durant le webinaire.

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Webinaire #2
Mardi 23 mars à 11h (durée : 1 heure)

Conférence d’Yvan Moënne-Loccoz – Professeur Université Lyon

Ingénieur Agronome. Sup Agro Montpellier, Doctorat (Ph. D.), Microbiologie du Sol. Texas A&M University. 1993.Chercheur postdoctoral. 1993-1995. University College Cork (UCC), Cork, Irlande.
Chercheur Associé. 1995-1997. Ecole Polytechnique Fédérale (ETH), Zürich, Suisse.
Professeur d’Université. 1997-. UMR CNRS 5557 Ecologie Microbienne, Université Lyon 1. Co-responsable de l’équipe Rhizosphère.

Thématiques : Adaptation des bactéries symbiotiques à la rhizosphère. Ecologie des communautés microbiennes dans la rhizosphère. Ecologie microbienne des milieux souterrains.

« Les pistes de contrôle et d’amélioration des interactions plante/microbiote, y compris par modification génétique
(au sens large) de la plante »

Présentation : Georges Pelletier
Animation : Mohammed Bendahmane, Thierry Langin

Résumé de la communication

Les plantes interagissent avec une communauté microbienne abondante, comprenant de multiples taxons. Ce microbiote inclut des microorganismes phytobénéfiques, susceptibles d’améliorer la croissance ou la santé du végétal. La prise en compte du rôle du microbiote est illustrée par les notions de second génome et d’holobionte, qui traduisent l’importance maintenant accordée aux partenaires microbiens de la plante. L’efficacité des interactions plante/microbiote est devenue un enjeu scientifique de tout premier plan, ainsi qu’un enjeu pratique s’agissant de l’optimisation de ces interactions pour améliorer les performances agronomiques des plantes cultivées. D’une part, cette optimisation doit prendre en compte la biogéographie et les patrons de distribution des microorganismes, largement liés aux particularités pédoclimatiques et agronomiques. D’autre part, se pose la question des caractères génétiques de la plante impliqués dans le recrutement du microbiote, d’autant que la sélection variétale est typiquement réalisée sans prendre en compte explicitement le potentiel des effets symbiotiques microbiens. L’optimisation des propriétés génétiques de la plante représente un levier prometteur pour tirer un meilleur parti du microbiote dans le contexte actuel du changement global, avec la nécessité de diminuer les intrants en agriculture.

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Présentation

Georges Pelletier

Agronome et généticien, il a effectué sa carrière à l’INRA où ses recherches ont porté sur la reproduction des plantes et la modification de leurs génomes nucléaires ou cytoplasmiques. Ses travaux ont eu des applications en sélection en particulier chez les Brassicacées. Membre de l’Académie des Sciences et de l’Académie d’Agriculture de France il préside le conseil scientifique de l’AFBV.

Animateurs

Mohammed Bendahmane
Directeur de Recherche INRAE, Membre du conseil scientifique de l’AFBV

Il dirige une équipe de recherche au Laboratoire Reproduction et Développement des Plantes à l’Ecole Normale Supérieure de Lyon. Ses recherches portent sur la compréhension des mécanismes moléculaires, cellulaires et génomiques qui contrôlent la morphogenèse de la fleur en utilisant deux plantes modèles, la Rose et Arabidopsis. Ses travaux ont été publiés dans des revues à fort impact (Science, Nature Genetics, PNAS, EMBO J, Plant Cell etc.) et ont reçu en 2019 une haute distinction de l’Académie des Sciences française.

Thierry Langin
Directeur de Recherche CNRS, membre du conseil scientifique de l’AFBV

Responsable de l’équipe « Maladies des céréales (MDC) » au sein de l’UMR 1095 Génétique Diversité Ecophysiologie des Céréales à Clermont-Ferrand, Unité dont il a assuré ma direction de 2012 à 2020. Les projets développés par l’équipe MDC s’inscrivent dans le cadre général de l’identification et la caractérisation de nouvelles sources de résistance durables aux principales maladies du blé. Ces projets se structurent autour de trois axes complémentaires : Déterminisme et fonctionnement des résistances, Identification de gènes de sensibilité et impact de facteurs environnementaux sur la résistance du blé (microbiome, stress abiotiques).


Webinaire #3
Mardi 13 avril à 10h (durée : 2 heures)

Catherine Larrère

Philosophe, professeure émérite à l’Université de Paris I-Panthéon-Sorbonne, elle travaille, depuis 1992, sur les questions de philosophie et d’éthique environnementales.
Dernière publication, Catherine et Raphaël Larrère, « Le pire n’est pas certain, Essai sur l’aveuglement catastrophiste », Paris, Premier Parallèle, 2020.

François Képès

Auteur de plus de 130 articles ou chapitres scientifiques, et auteur ou éditeur de plus de 25 livres, François Képès a de 2003 à 2018 organisé ou présidé 3-7 manifestations scientifiques internationales par an.  François Képès est membre de l’Académie des technologies, et membre correspondant de l’Académie d’Agriculture de France. Il est co-fondateur du Programme d’Épigénomique (Genopole), et fondateur de l’institut de Biologie des Systèmes et de Synthèse (iSSB — Genopole, CNRS, Univ. Évry) et du master éponyme (mSSB — Univ. Paris-Saclay). Normalien, il fut Professeur associé de biologie à l’École Polytechnique, Professeur associé du Politehnica de Bucarest, Professeur invité à Imperial College London, et Directeur de recherche au CNRS. 

Christian Lévêque

Directeur de recherche émérite de l’IRD, ex directeur du programme « environnement, vie et sociétés du CNRS » et spécialiste en écologie aquatique continentale. Il est également auteur de nombreux ouvrages sur la biodiversité.

« Naturel vs Non-Naturel / Génomique vs Modification Génétique« 

Le choix de l’AFBV pour la thématique de ce webinaire est motivé par le constat que, dans les débats auxquels nous sommes confrontés, ce type de question est sous-jacent dans les controverses sur la définition du statut des plantes issues des différentes technologies de modification des génomes. Notre objectif est donc de mieux appréhender le pourquoi de ce questionnement entre ce qui est « Naturel » et ce qui ne le serait pas et qui, donc, serait « Non-Naturel » ou « Artificiel ».

Animation : Alain Deshayes et Brigitte Laquièze

Résumé de la communication

Le choix de l’AFBV pour la thématique de ce webinaire, « Naturel vs Non-Naturel », est motivé par le constat que, dans les débats auxquels nous sommes confrontés, ce type de question est sous-jacent dans les controverses sur la définition du statut des plantes issues des différentes technologies de modification des génomes. Notre objectif est donc de mieux appréhender le pourquoi de ce questionnement entre ce qui est « Naturel » et ce qui ne le serait pas et qui, donc, serait « Non-Naturel » ou « Artificiel ».

 Le premier aspect que nous voudrions aborder, même rapidement, c’est un éclairage sur l’évolution historique de la notion de Nature et des rapports que l’Homme a avec elle. Cette approche devrait ainsi nous aider à mieux percevoir les raisons pour lesquelles ces notions de « Naturel vs Non-Naturel » ont pris une telle place dans nos sociétés, depuis la deuxième moitié du XXème siècle.

Concrètement, est-ce la technologie, qui, juridiquement, est une « invention » de l’homme, qui fait l’organisme génétiquement modifié ? Et, dans ce cas, toutes les technologies et tous les produits qui en sont issus doivent-ils être traités de la même façon ? Par contre, comment définir l’organisme obtenu après usage de certaines technologies et qui est/peut être/pourrait être semblable/identique à un organisme obtenu dans les conditions naturelles ?

Ces questionnements, qui se sont imposés à nous depuis plus de trente ans traduisent, implicitement, des perceptions différentes concernant les notions de « Naturel » et de Non-Naturel ». Ces perceptions différentes sont par ailleurs non uniformes selon les domaines d’application, ainsi ce qui peut être « accepté » en médecine humaine ne l’est pas automatiquement s’il s’agit de modifier les caractéristiques d’une plante destinée à l’alimentation. Cette dernière réalité n’est pas sans créer un décalage entre la parole scientifique, qui se veut certitude, et « la société civile » qui tend à la considérer comme une opinion parmi d’autres. Ce décalage, qui contribue à dévaloriser le savoir scientifique, est accentué par ceux qui critiquent souvent les développements technologiques au motif qu’ils seraient une atteinte à la nature.

Les trois intervenants, que nous avons sollicités pour aborder ces questions, sont dans des positionnements personnels et professionnels différents, ce qui devrait enrichir notre réflexion.

> S’inscrire en ligne (gratuit mais obligatoire)

Alain Deshayes

Alain Deshayes est ingénieur agronome et ancien directeur de recherche à l’INRA où il a fait l’essentiel de sa carrière. Adjoint au directeur scientifique des productions végétales de 1986 à 1993, il fut, en particulier en charge des biotechnologies végétales. Après une année passée à la direction des stratégies industrielles au ministère de l’industrie, il a rejoint la R&D d’un grand groupe de l’agroalimentaire. Il a été Président de l’AFBV de 2016 à 2019.

Brigitte Laquièze

Professeur de l’enseignement supérieur agronomique en Sciences Sociales et Humaines (ER) et Directrice de l’Ecole Nationale de Formation Agronomique (aujourd’hui ENSFEA) à Toulouse de 1999 à 2009.
Membre titulaire de L’Académie d’agriculture de France – Section SHS
Bureau de l’Académie Prospective et Nouvelles Technologies et du Conseil d’Administration des « Amis de Cap Sciences », Membre du Conseil d’administration de l’AFBV.