Edito

Urgence climatique, urgentes biotechnologies

31/10/2019

La prise de conscience des changements climatiques est acquise. Les sécheresses, les inondations et les changements de température devraient devenir plus fréquents alors qu’il faudra nourrir une population mondiale croissante. Quelles en seront les conséquences pour notre agriculture ?

Les assolements devront évoluer. Il faudrait, par exemple, développer la culture du sorgho plus tolérante à la sécheresse et améliorer en particulier la productivité des variétés précoces mieux adaptées au nord de la Loire.

Si on décidait en France de développer de manière importante la culture du soja pour moins dépendre des importations pourrait-on se passer des variétés tolérantes au stress hydrique comme il en existe déjà en Argentine, variétés qui sont transgéniques ?

Il existe des maïs génétiquement modifiés tolérant à la sécheresse : ils sont cultivés aux Etats-Unis et en Afrique du Sud. Les accepterons-nous un jour en France ?

On aura aussi besoin rapidement de variétés de blé tolérantes à la sécheresse.

L’élévation du degré alcoolique des vendanges dans certains de nos vignobles est un sujet préoccupant. Les solutions seront sans doute d’ordre génétique.

Les productions fruitières ont aussi besoin d’innovations variétales pour un verger du futur adapté au changement climatique.

Ainsi l’amélioration génétique des plantes est apporteuse de solutions.

Vue l’urgence climatique l’Europe ne peut plus se permettre de refuser plus longtemps les biotechnologies de précision. Celles-ci permettent notamment de diminuer la durée de transfert d’un gène et donc la durée d’obtention d’une nouvelle variété avec ce gène qui peut être, selon les plantes (annuelles ou pérennes), de 10 à 30 ans avec les méthodes traditionnelles et de 3 à 5 ans avec les nouveaux outils de la recherche. 

Notre recherche publique et privée n’attend qu’un signal fort de la part du politique pour rattraper le temps perdu. Il est urgent d’agir en France et en Europe pour sortir de l’impasse juridique qui bloque l’innovation variétale indispensable pour aborder cette transition climatique.

Gil Kressmann