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Une « super-tomate aromatique » montre ce que la science du végétal apporte

04/12/2018

L’obtention de tomates plus savoureuses met en évidence combien l’approche européenne sur l’édition de gènes est dépassée. En utilisant l’édition de gènes Crispr-Cas 9, des équipes de chercheurs ont pu modifier des gènes spécifiques dans des espèces sauvages cousines de la tomate, pour aboutir à des tomates « aromatiques ».

L’obtention de tomates plus savoureuses met en évidence combien l’approche européenne sur l’édition de gènes est dépassée. En utilisant l’édition de gènes Crispr-Cas 9, des équipes de chercheurs ont pu modifier des gènes spécifiques dans des espèces sauvages cousines de la tomate, pour aboutir à des tomates « aromatiques ».

Une des équipe a édité une espèce sauvage proche de la tomate, Physalis Pruninosa, originaire d’Amérique centrale et du sud, aux fruits doux et savoureux mais dont le développement anarchique rend la plante mal adaptée à l’agriculture. La nouvelle plante obtenue est plus compacte, avec des fruits plus gros.

 

L’édition de gènes réduit les délais de création de variétés nouvelles

Les deux autres équipes de chercheurs se sont appuyées sur Solanum pimpinellifolium. Cette espèce résiste au stress et à la bactériose, maladie rédhibitoire pour la commercialisation des tomates. Le but était de combiner les avantages de Solanum p. avec ceux des tomates modernes. La valeur nutritionnelle a également été améliorée en augmentant les teneurs en lycopène, bénéfique pour la santé, et en vitamine C.

Ces résultats ont été obtenus grâce à l’édition de gènes en seulement 3 ans, alors qu’il aurait fallu des décades en sélection conventionnelle. Ces exemples mettent en lumière les errements de l’Union Européenne vis-à-vis de l’édition de gènes. La Cour de Justice considère en effet, dans un avis rendu en juillet 2018, que l’édition doit être régulée comme les plantes issues de la transgénèse. Cette position rend les coûts d’homologation prohibitifs pour pouvoir utiliser ces techniques.

 

Source : https://www.nature.com/articles/d41586-018-06915-y?utm_source=briefing-dy&utm_medium=email&utm_campaign=briefing&utm_content=20181003