Les OGM en questions

Le riz doré en questions

05/07/2016

Quel enjeu nutritionnel ?

Le riz constitue la base de l’alimentation de 3 milliards de personnes dans le monde. Il représente 80% de l’apport énergétique. Les populations les plus pauvres n’ont pas la possibilité de diversifier leur régime alimentaire (légumes, produits animaux) et ont une consommation telle de riz que cela entraîne une carence chronique et notamment en vitamine A.

En effet, le grain de riz ne contient pas de précurseurs de la vitamine A comme le béta-carotène qui permet à notre organisme d’avoir cette vitamine. Il manque dans les cellules de l’albumen de riz les deux enzymes qui sont nécessaires à sa biosynthèse. Le béta-carotène se trouve dans les tissus chlorophylliens des plantes. Sa présence dans les tissus de la racine de carotte par exemple est fortuite et le résultat d’une mutation.

Quels enjeux pour la santé des consommateurs dans les pays en voie de développement ?

La carence en vitamine A affecte des centaines de millions de personnes pauvres en Afrique et Asie du Sud-Est. Cette vitamine est nécessaire à la formation des pigments rétiniens. Les premiers signes de carence chez l’enfant sont l’incapacité à supporter la lumière et une cécité crépusculaire. Puis surviennent des troubles de la croissance, du métabolisme et une moindre résistance aux infections. Finalement cette carence en vitamine A est responsable chaque année de 2 millions de morts et de la cécité de 250 000 à 500 000 enfants.

Comment a été produit le riz doré, un riz génétiquement modifié ?

Les gènes permettant la biosynthèse de b-carotène ont été introduits par transgénèse dans un riz auquel on a donné le nom de « riz doré ». Il n’y a pas d’autres possibilités que le génie génétique pour faire en sorte que les tissus de l’albumen du riz produisent cette provitamine. 75 grammes (poids sec) de ce riz doré génétiquement modifié suffisent à couvrir les besoins journaliers.    

Quel accès aux semences de riz doré pour les paysans ?

Le projet du « Riz doré » est un projet qui a été mené par la recherche publique. Ces variétés seront fournies aux paysans par des offices publics de semences sans frais supplémentaires. Toute la technologie est contenue dans la graine et les brevets sont assortis de licences libres. Les agriculteurs pourront donc utiliser librement une partie de leur récolte pour les semailles suivantes.

Pourquoi tant de retard dans la mise à disposition de ce riz doré ?

En raison du durcissement de la réglementation sur les OGM sous la pression des associations opposées à leur développement, le ‘Riz doré’ qui tente depuis plus d’une quinzaine d’années de franchir les obstacles réglementaires n’était pas encore parvenu en 2013 aux paysans, soit avec un retard injustifié de plus de 10 ans. Le coût de ce projet par année de vie sauvée s’élève à 3 dollars alors que les interventions humanitaires les plus efficaces de suppléments alimentaires coûtent 600 dollars.

Ce riz, malgré son fort intérêt nutritionnel et humanitaire est pourtant violemment attaqué, notamment par Greenpeace, au seul prétexte qu’il s’agit d’un OGM.

Pourquoi les opposants aux plantes génétiquement modifiées exercent-ils autant de pression pour interdire le riz doré ?

Dès lors que le riz doré apportera alors la preuve qu’une plante génétiquement modifiée peut  bénéficier aux consommateurs, la dialectique de l’amalgame véhiculée par Greenpeace, « OGM tous nocifs », ne fonctionnera plus.

C’est pourquoi l’AFBV soutient l’action de nombreux scientifiques et organisations qui demandent à ce que le riz doré soit autorisé, sans attendre plus longtemps, à la production et à la consommation dans les pays qui en ont cruellement besoin. Voir : www.goldenrice.org